Cette visite eut lieu en 2017, le 1er Avril exactement. Pourquoi est-ce que je la publie aussi tard, en Mars 2018 ? Parce qu’à la base je comptais mettre cette exploration dans mon deuxième livre. L’aventure était belle, l’accès magique, la visite fantastique : parfait d’un point de vue narratif ! Sauf que quelques mois après la visite, je vis passer des articles annonçant le rachat du lieu par la startup Dartagnans et l'association Adopte un Château. Il aurait été donc malhonnête de vous présenter ce château comme un endroit abandonné alors qu’il ne l’était plus. Malhonnête vis-à-vis de vous qui me suivez, mais également vis-à-vis de l'association en question - qui a validé cet article. (Je parle de tout ça après la visite, un peu plus loin.)

L'exploration que je vous présente sur cette page ne peut donc plus se faire de la manière dont nous l’avons fait à l'époque, et le lieu a très certainement du changer du fait du déblayage, des travaux etc. Je la place tout de même ici car après tout il y a sur ce site des dizaines de visites montrant des lieux ayant été réhabilités, ou rasés. Le bon coté des choses, c’est qu'en plaçant cette exploration ici et non dans un livre, ma liberté est totale du point de vue du nombre de photos, et je peux mettre des vues aériennes, des cartes postales anciennes etc. Le château ayant été racheté, je peux évidemment donner son vrai nom, et ce nom c’est Mothe-Chandeniers, situé juste à coté de la commune des Trois-Moutiers, au nord du département de la Vienne. Ci-dessous, la façade du château, qui - en principe - vous fera dire à haute voix "Aaaaah, ok, je vois de quel château il s'agit !"

Cela faisait plusieurs années que je rêvais d'explorer cette bâtisse. Question logistique, à part les trois heures de route depuis Paris (qui ne sont pas un obstacle insurmontable en partageant les frais d'essence et de péage) il y avait un tout petit souci : le frère du propriétaire, se faisant passer pour le vrai propriétaire, habitait dans une dépendance juste à coté, et était connu pour être assez agressif. Agressif envers les personnes venant faire des photos du château depuis la rive (ce qui peut se comprendre), mais également agressif envers un agriculteur travaillant dans le champ juste à côté du château, et ayant toute légitimité pour le faire (j'en parle plus loin). Ci-dessous une vue aérienne de l’ensemble.



Après avoir réussi à caler une date avec Baptiste, Paul (Urbex Watch) et Matthieu (Utopies Temporelles), nous nous retrouvions devant l’église des Trois-Moutiers un samedi matin, puis après nous être garés pas trop loin du château, nous traversions un champ en espérant ne pas être repéré. Ci-dessous, l’église des Trois-Moutiers, puis quelques instants plus tard, le château.






A mesure que nous traversions le champ en direction du château, une certaine adrénaline commençait à se faire sentir. Nous parlions à voix basse et espérions ne pas nous faire repérer. Le challenge de visiter un lieu aussi magnifique était une assez grande motivation pour faire trois heures de route, nous n'allions donc pas nous arrêter à ça : il fallait tenter l'aventure, c'était quand même Mothe-Chandeniers ! Quelques instants plus tard, le rêve se réalisait, nous étions dedans.Je le dis souvent quand on m’en parle, mais quand nous sommes plusieurs à explorer un lieu, nous nous séparons et partons chacun de notre coté, comme ça tout le monde est libre de prendre les photos qu’il veut (en y consacrant le temps qu’il veut) sans se dire «Faut que j’me grouille, y’a du monde derrière qui attends…» Ci-dessous, la petite colonnade où nous avons déballé notre materiel.



La première impression que j’ai eue en visitant Mothe-Chandeniers, ce fut la sensation d’être dans les ruines d’Angkor Vat, avec ces arbres poussant sur les pierres, les ayant fait tomber par endroits. Certaines tiennent encore car elles sont à l’abri du vent, mais on sent qu’il ne suffirait de pas grand-chose pour les faire tomber. Ici et là, des poutres pourries constellées de clous rouillés rendent la progression un peu difficile.

A un endroit, un amas de tôles donne l’impression qu’une toiture fut construite à un moment donné (aucune idée de quand) pour protéger une pièce du château, une pièce aujourd’hui à la merci du vent, de la pluie etc. Autre détail intéressant : le lieu étant difficile d’accès, aucun tag, aucun graf, rien. Plus loin nous verrons des inscriptions en haut de l’escalier en colimaçon, mais il faut vraiment s’approcher du mur pour les voir. Ci-dessous des photos de la première zone explorée.

















Au sol, quelques détails subsistent, miraculeusement épargnés par l’incendie de 1932 (je raconte l’histoire du lieu après la visite), et aussi du pillage probablement : un morceau de carrelage indique que je me trouve probablement dans ce qui reste de la cuisine. A coté de moi, une pompe est encore là, ainsi que ce qui ressemble à un vieux poêle. Sur les murs, quelques fils électriques courent encore. Moi qui m’attendais à ne rien trouver, je suis heureux de voir qu’il reste encore quelques traces.







Levant les yeux au ciel (en faisant bien attention où je pose les pieds) je profite de la magnifique vue sur le ciel que procure la ruine : de la vieille pierre blanche, du lierre, le ciel tout au-dessus… Très beau en termes de ruine. Dans d’autres pièces, le plancher semble être encore là. Sera-t-il accessible ? C’est ce que nous allons voir.
















Me promenant un peu au hasard dans ce qui était auparavant le niveau inférieur du château, je tombe sur une pièce présentant un curieux spectacle : un arbre a poussé dans la pièce, mais, probablement attiré par la lumière, a passé sa tête par la fenêtre pour grandir et vivre à l'extérieur, au-dessus de l'eau. L'épaisseur de l'arbre est impressionnante, depuis quand est-il ici ? J'aime beaucoup comment il a grandi en poussant l'élément central de la fenêtre sur le coté. Sur la droite de l'arbre, un mécanisme rouillé (mais fonctionnant encore) avait l'air de servir à puiser de l'eau, mais je n'en suis pas sûr du tout.








Continuant dans un couloir encombré de débris, de pierres écroulées, de bouts de plancher effondré et autres poutres pleine de clous, j'arrive vers la cour du château. Lorsque nous avons décidé du jour où nous viendrions, nous étions heureux que les arbres n'aient pas encore déployé toute leurs feuilles : ainsi, nous pourrions vraiment mieux voir le château.



Nous voici arrivés dans la cour. Quelques jours avant de venir sur place, j'avais rapidement regardé quelques photos du château - les mêmes que tout le monde - ainsi qu'une vidéo de drone. Mais globalement je ne savais pas trop à quoi m'attendre une fois dedans. je m'étais figuré un début d'escalier en colimaçon à moitié démoli. Il n'en était rien, car la bonne surprise en arrivant dans cette cour, ce fut le magnifique escalier en colimaçon encore en assez bon état (comparé au reste du lieu). Admirez-moi ça, ci-dessous !

Après l'avoir rapidement gravi, je me suis rendu compte qu'il serait impossible d'accéder aux étages du châteaux, qui n'existent plus, ou sont inaccessibles, ou trop dangereux à explorer. Redescendant rapidement, je me dirigeais vers cette espèece de petite entrée en bois miraculeusement bien conserveé. Bon, ok, elle est en ruine comme le reste, mais vu de quoi elle est constituée on pourrait légitimement pensé qu'elle avait brûlé lors de l'incendie, le terme miraculeux est donc approprié dans ce contexte. Nous n'étions évidemment pas les premiers à mettre les pieds ici, mais visuellement, il y avait tout de même de quoi se l'imaginer.





Revenons à la cour : encombrée d'arbustes, de débris de pierres et de végétation (heureusement pas luxuriante au moment de notre visite), il est difficile de décrire à quel point elle est majestueuse. Partout où l'on pose son regard, la beauté est là : l'escalier en colimaçon, la petite entrée en bois, les grandes fenêtres brisées donnant sur le bleu du ciel, l'arche donnant sur les douves, l'entrée avec à son sommet cette horloge arrêtée à 6h30/18h30, enfin, je dis ça mais il est logique qu'elle indique cette heure-là car les aiguilles sont simplement fatiguées et pointent vers le bas. Les décorations sont également un régal pour les yeux, qu'elles soient florales ou animales. Sur le chapiteau d'une colonne, une date : 1861. Cette année correspond à l'année où furent terminés les travaux qui ont donné au château son apparence actuelle.














Ci-dessous, Paul (Urbex Watch) qui s'incruste sur la photo !




Avant de me diriger vers l'escalier en colimaçon pour le documenter en détails, je m'arrête devant l'épave de Simca 1307S (aucune idée si la voiture marche encore) garée pile derrière la lourde porte fermée empêchant tout accès au château. De part et d'autres de la voiture, des restes de statues, probablement récupérées dans le château et mises à l'abri des intempéries ? Depuis le rachat du château j'imagine que tout ça a du dégager.






Il est temps d'aller voir l'escalier en colimaçon d'un peu plus près ! Avançant lentement, je prends le temps d'apprécier toutes les décorations, et à ce sujet, il y en a un paquet. Ci-dessous, pour commencer, la base de l'escalier, puis la même vue, mais avec moi dans le fond, en train de pleurer devant la beauté du morceau de carrelage aperçu un peu plus haut



L'escalier est tout simplement sublime. Permettant de voir différentes parties du château d'un peu plus haut, c'est un magnifique point de vue pour apprécier l'architecture du site. Comme la quasi-totalité des planchers a brûlé, il n'y a rien d'accessible via cet escalier, mais il convient parfaitement pour prendre un peu de hauteur et apprécier la vue sur la cour. Voir d'un peu plus près le travail sur les décorations aperçus d'en bas est un régal.



Il y aurait plein de choses à décrire et à documenter sur cet escalier, mais je me suis arrêté en particulier sur ce sublime balcon composé de deux chevaux mi-licornes mi-sirènes. Le temps semble ne pas avoir endommagé le travail de sculpture. Du vert recouvre différentes parties de l'ouvrage, mais à part ça c'est vraiment un bonheur que de voir cela. Une heure avant, au moment d'entrer, nous nous attendions à ne trouver que des murs !








Ci-dessous, des vues de la cour depuis l'escalier. Il est à noter que le sommet de cet escalier est le seul endroit où nous avons trouvé des inscriptions laissées par différents visiteurs. Cet endroit semble être le lieu où les gens témoignent de leur passage.














Depuis le sommet de l'escalier on peut apercevoir la plus haute tour du château. Inaccessible comme tout le reste, elle en impose par sa photogénie. Ci-dessous, des photos présentant l'endroit d'où l'on pouvait y accéder (mais sans le plancher, c'est compliqué), puis le regard monte, monte, jusqu'à arriver à cette tour qui donne un peu le vertige. En regardant les photos de plus près, on constate pas mal de rafistolage et de différences entre les pierres. Le lieu étant très vieux, de multiples modifications eurent lieu, donnant, certes, un coté pittoresque à ces pierres hétérogènes, mais aussi un coté un peu flippant car on se dit que ça pourrait tomber à n'importe quel moment.





Après avoir déambulé un peu partout dans le château, nous nous rendons compte que nous avons exploré tout ce qu’il était possible d’explorer. Tout ? En fait, non, il reste bien une chose à voir, mais l’accès semble un peu dangereux. Qu’importe, après tout il ne s’agit que d’escalader un reste de mur de briques, deux mètres de haut… Ca se tente ? Allez, ça se tente. Le temps d’une toute petite grimpette nous nous retrouvons dans un mince couloir menant à la tour que nous avons vue du haut de l’escalier en colimaçon. Ce couloir, à l’abri des intempéries, est une belle surprise car il reste encore des décorations peintes sur les murs. Sur un petit motif, on distingue même de la peinture dorée. Beau au possible, j’immortalise cette trace du passé avant de me diriger vers le fond du couloir





Nous voici à présent dans une pièce circulaire assez basique, mais plutôt sympa. Comme le reste du château, elle est complètement en ruine, et nous ne faisons pas trop les fiers en marchant sur le sol qui semble être une montagne de débris accumulés au fil des années. (Le tout pourrait d’ailleurs très bien s’effondrer et finir dans la cave juste en-dessous.) Cette salle circulaire est-elle intéressante ? Oui, car il reste encore des décorations, peintes ou sculptées, une cheminée, et surtout, une vue incroyable si on lève la tête vers le ciel…





Le plancher ayant complètement disparu, ne restent que les cheminées et les fenêtres. La vue est fascinante. Et elle donne pas mal le vertige. M’allongeant au sol, je fais une photo de cette vue qui file un peu le tournis, et aussi quelques frissons, car une pierre pourrait très bien tomber. Cette pièce est la dernière que nous visitons, et elle clôt en beauté la visite de ce lieu magique.




Alors que je retourne au sommet de l'escalier en colimaçon admirer la vue, Matthieu m’appelle et me dit qu’il faut absolument que je vienne. Curieux, je demande ce qu’il y a. Comme réponse j’obtiens juste «Viens, ça va te plaire.» Descendant l’escalier en colimaçon, surprise, un adorable chat se frotte autour des jambes de Matthieu. Ronronnant très fort et réclamant des caresses, la scène est cocasse : nous avons fait plusieurs heures de route pour voir un château, et une fois dedans, rien ne nous intéresse plus que de réussir à prendre en photo ce chat, chose on ne peut plus difficile vu qu’il n’arrête pas de venir vers nous pour réclamer des caresses. Une fois le shooting animalier terminé, nous nous préparons à partir. Le chat nous suit et nous observe ranger nos affaires, imperturbable. Remarque : Suite à un mail (merci Nadia !) j'ai appris que ce chat était une chatte, et qu'elle se prénommait Nour ! ("Lumière", en Arabe).













Le retour se passe comme à l’aller : rapidement, et sans soucis. Nous prenons le temps de faire quelques images de l’extérieur du château, que nous n’avons (mine de rien) pas vraiment documenté.







Jetant un coup d’œil derrière moi, je vois deux ou trois personnes s’affairer dans le champ que nous avons traversé tout au début. Ces personnes sont vraiment trop loin pour nous poser le moindre problème, donc nous ne nous occupons pas d’elles. Soudain, nous voyons une voiture s’arrêter au niveau de ces gens, situés à une bonne centaine de mètres de nous. La voiture redémarre et viens à notre niveau. Est-ce le propriétaire ? Aucune idée.

La discussion s’engage tranquillement. L’homme nous demande si nous avons été dans le château. Nous avouons que nous étions bien évidemment à l’intérieur. A cet instant, l’agriculteur (car il s’agit en fait du propriétaire du champ) ne nous dit rien concernant le fait d’avoir visité le château, mais nous met au contraire en garde contre le propriétaire : «Attention les gars, il est un peu narvalo… C’est même pas le propriétaire mais le frère du propriétaire. S’il surprend des gens trainant autour du château il balance les appareils photos dans les douves. Même moi qui bosse ici, dans mon champ, il m’emmerde. Trainez pas trop dans le coin.»

Nous remercions chaleureusement l’agriculteur pour ses conseils, et repartons, heureux d’avoir évité une mauvaise rencontre. Le trajet retour est aussi long qu’à l’aller, mais passe tout seul. Je repense à cette sortie : belle météo, un lieu enchanteur que nous avons eu tout le loisir d’explorer, aucun problème dedans, une rencontre plutôt cool à la fin : mission accomplie ! Comme pour parachever la joie d’avoir pu enfin visiter ce lieu que je comptais explorer depuis une éternité, le ciel nous offre un joli arc-en-ciel.




Ci-dessous, une belle image de Nour, aperçue mi-mars 2018 par Exploration-Rurale. Merci pour la photo !



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Maintenant, un peu d’histoire via Wikipédia. Les images ci-dessous proviennent en majorité de cet article (que je vous invite à lire) ainsi que de Delcampe, la base Mérimée ou les Archives de la Vienne. "La construction de ce château a débuté vers le XIIIème siècle. Le lieu connut de nombreux propriétaires différents jusqu’en 1809, date à laquelle François Hennecart (un riche entrepreneur parisien) l'achète et le fait restaurer en conservant une partie de l'édifice médiéval. Il aménage également les alentours : il y fait notamment planter un vignoble, creuser des canaux et tracer des allées. Sa fille Alexandrine Hennecart, mariée à Jacques Ardoin, en hérite puis le lègue à sa troisième fille, Marie Ardoin, qui épouse en 1857 le baron Edgard Lejeune, fils de Louis-François Lejeune. Ils entreprennent aux alentours de 1870 une reconstruction massive qui métamorphose le domaine.

L'architecte anglais chargé des travaux s'inspire des châteaux de la Loire, notamment celui de Blois ou d'Azay-le-Rideau, dont on retrouve l'idée d'un plan d'eau entourant l'édifice. Le style puise volontairement dans le néo-gothique et le goût romantique amorcé par Louis II de Bavière." Ci-dessous, des photos et cartes postales anciennes de cette époque : Ci-dessous, le cadastre de 1820/1866, une gravure montrant le château tel qu’il était en 1830, le cadastre de 1842, et des photos anciennes probablement prises aux alentours de 1870.
































Le drame du château survient le Dimanche 13 Mars 1932. Alors que le baron Lejeune vient d'y faire installer le chauffage central, un violent incendie se déclare. Les pompiers, venus de toute la région, ne peuvent éviter le désastre. Seule la chapelle, les dépendances et le pigeonnier sont épargnés. Les pertes sont considérables et se chiffrent à plusieurs millions. Ci-dessous, l'article du 15 Mars 1932, avec sa retranscription juste après.




Dimanche, à 20h30, alors que le baron Lejeune, en compagnie de sa famille, prenait le repas du soir, son valet de chambre vint l'avertir que des flammes s'échappaient de l'angle est de la toiture du château. Il était temps. Le baron et les siens n'eurent que le temps de sortir précipitamment, sans rien pouvoir emporter. Le sinistre prenait bientôt des proportions formidables et s'étendait sur tout le corps du bâtiment. La gendarmerie de la commune des Trois-Moutiers, sur le territoire de laquelle est situé le château de la Mothe-Chandeniers, fut alertée téléphoniquement et diffusa un peu partout la nouvelle. Bientôt, le feu se propageant avec une rapidité foudroyante, il fallut songer à demander le concours des pompiers de saumur. Ils furent avisés à 21h30. les premiers secours, sous les ordres du capitaine Albert et du lieutenant Prudhommeau, quittaient aussitôt la caserne pour se rendre aux Trois-Moutiers, où, une heure plus tard, ils commençaient l'attaque du feu.

Malgré la distance (une trentaine de kilomètres), nos dévoués sapeurs, à la célérité desquels nous rendons hommage, étaient les premiers sur les lieux, suivis bientôt des compagnies de Thouas et de Loudun avec, chacune, leur motopompe, et du piquet d'incendie de l'école de cavalerie de Saumur. la tâche était ardue. Les flammes sortaient de toute part. Néanmoins, officiers et sapeurs rivalisèrent de dévouement et de zèle. Toute la nuit ils livrèrent une bataille terrible, mais ne purent empêcher, cependant, que le feu ne dévore entièrement et le château et le mobilier du baron Lejeune. Les pertes sont considérables et dépassent vraisemblablement plusieurs millions. Des tapisseries de grande valeur, des objets rares, des tableaux précieux et une bibliothèque importante ont été, outre les bâtiments de style renaissance, la proie des flammes. Ajoutons que XVème siècle le château de la Motte-Chandeniers avait appartenu au marquis de Rochechouart. depuis environ deux ans il était la propriété de la famille du baron Lejeune.

Dès qu'il eut connaissance du fléau, le commandant Fournier, inspecteur départemental des corps de sapeurs-pompiers de Maine-et-Loire, se rendit sur les lieux. Le service d'ordre était parfaitement dirigé par le lieutenant Blanc, de Loudun.
Les causes du sinistre ne sont pas nettement établies. On croit qu'elles proviennent d'un feu de cheminée. Il appartiendra à la gendarmerie, chargée de l'enquête, de les établir. La nouvelle du sinistre a produit dans toute la région une forte émotion, notamment à Saumur, où le baron Lejeune compte de bien vives sympathies, en tant que président des courses de Verrie. En dernière heure, nous apprenons que parmi les objets qui ont pu être sauvés du désastre se trouve la chambre personnelle du baron Lejeune. Cette chambre est d'une grande valeur historique, puisqu'elle a appartenu a ses ancêtres et l'on sait que le baron Lejeune est l'arrière petit-fils de Napoléon III.


D’après Wikipedia : «En 1963, après la Guerre d'Algérie, l'industriel à la retraite Jules Cavroy rachète le domaine (deux mille hectares dont mille deux cents en forêt et huit cents en terre agricole) à la veuve du baron Lejeune. Des rapatriés d'Algérie exploitent les terres de la Mothe (cinq cent cinquante hectares autour des ruines du château), qu'un mémoire d'histoire cite comme une exploitation pilote. Au début des années 1980, le Crédit Lyonnais rachète les bois avant de les vendre en différents lots à plusieurs propriétaires. Dans les années 1980, le château est racheté par un ancien professeur de mathématiques qui tente de le sauver, en vain. La nature reprend ses droits dans les ruines laissées à l'abandon.»

«En avril 2016, une association est créée pour s'efforcer de sauver le château de l'anéantissement et valoriser le site. A l'époque, il est envisagé de proposer un bail emphytéotique au propriétaire des ruines. Les bois voisins de la propriété accueillent un village de vacances Center Parcs. En novembre 2016, le groupe Pierre & Vacances-Center Parcs annonce, par l'intermédiaire de son directeur des grands projets Éric Magnier, vouloir racheter le château et ses abords. Le projet ne prévoit pas de reconstruire le château mais la consolidation de la ruine pour l'ouvrir à la visite, l'aménagement des jardins et l'installation d'un parc animalier Le projet n’aboutit pas, la date de promesse d'achat étant dépassée.» Ci-dessous, Mothe-Chandeniers vu par un drone :



En 2017, le projet «Et si on adoptait la Mothe-Chandeniers» lancé par Dartagnans et Adopte un Château, après un premier échec avec le château de Saint-Vincent-le-Paluel, offre la possibilité, via financement participatif, de devenir un des futurs copropriétaires du château. Le prix d'achat du château est de 500 000 euros, somme atteinte le 1er Décembre 2017. Le projet dépasse le million d'euros le 8 Décembre 2017. La campagne de récolte de fonds se clôture le 25 décembre 2017 au soir avec plus de 1 610 000 euros et plus de 18 560 contributeurs de 115 pays. L'argent collecté (au-delà de l’investissement immobilier avec l'achat des murs) doit servir aux premiers travaux de sécurisation et de rénovation du site. Début 2018, une SAS est créée dans laquelle chaque donateur devient actionnaire en fonction des parts qu'il a achetées. Les décisions sont prises de façon collective et démocratique. Le château de la Mothe-Chandeniers est désormais la plus grande copropriété du monde. Cliquez ici ou sur l'image ci-dessous pour être tenu au courant de son actualité.

Ci-dessous, des vues aériennes (méthode ici) allant de 1945 à 1990. L'incendie ayant eu lieu en 1932, je n'ai pas grand chose à raconter : nulle trace de consolidation, de restauration ou de protection du lieu. Seul intérêt de ces images : le château apparaît sous différents angles, et l'on constate que le petit bois situé de part et d'autre du canal (derrière le château) fut rasé entre 1950 et 1966.




























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