Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


Belgique, 2017. Après avoir visité un vieux manoir à l’abandon je me dirige vers mon prochain objectif : un château du XIXème siècle de style anglais, délaissé suite à un incendie. Ayant repéré un accès assez simple, je décide pourtant de faire un petit détour en allant voir le lac situé derrière celui-ci. Même si l’ambiance est froide, triste et presque lugubre avec cette météo hivernale, la vue est magnifique. Me dirigeant vers le bâtiment que je suis venu visiter je découvre une sorte de petit abri à l’aspect légèrement oriental, comme une petite réplique de pagode ? Autour d’elle, de petites pancartes indiquent quelles sortes d’arbres furent plantés autour : Taxodium Distichum (Cyprès Chauve, ou Cyprès de Louisiane), Picea Abies (Epicéa Commun), Picea Orientalis (Epicea d’Orient)… Pas commun de tomber là-dessus en venant visiter un château en ruines.









M’attardant quelques instants le temps de documenter ce que je viens de voir, je me dirige alors vers le bâtiment, bien visible derrière une barrière de bouleaux décharnés. Explorer des lieux abandonnés en plein hiver n’est pas des plus confortables, mais il y a un avantage : au moins on voit bien les bâtiments !





N’entrant pas tout de suite dans le château, j’en fais le tour afin de mieux appréhender la façon dont il est agencé. Et, jolie surprise, j’arrive en vue d’une belle entrée, l’occasion de me prendre en photo devant afin que l’on comprenne mieux l’échelle :

Ci-dessous, d’autres photos prises en tournant autour du site :









Ci-dessous, probablement la plus belle chose vue sur place : une mini chapelle ! Jolie surprise : la toiture est toujours là, pas trop endommagée, et quelle prestance avec cette mousse quasiment fluorescente… Assurément une jolie vision qui contraste malheureusement avec son intérieur que les vandales n’ont pas épargné.









Il est temps de découvrir l’intérieur du château. Même si son état est visiblement miteux, la coquille vide a encore une certaine allure grâce à ses façades toujours debout par je ne sais quel miracle. L’architecte s’est amusé à créer un décor en alternant brique rouge et pierres blanches, ainsi que quelques colombages autour des ouvertures. Pourtant, déambuler ici est assez dangereux : par endroits le risque d’une chute de matériaux est réel. L’incendie n’a décidément presque rien épargné… Ne m’attardant pas trop, je documente ce que je peux. Des tonnes de débris jonchent les sols, et des centaines de tags et autres détritus indiquent que le lieu a l’objet de nombreuses visites malveillantes.

























Ci-dessous le dessin réalisé pour le livre «Urbex Europe» :

Le château présenté sur cette page fut construit par un armateur entre 1872 et 1878. L’étang vu en début de visite est artificiel, et fut créé au moment de la construction du château La forêt autour de celui-ci devint un arboretum, ce qui explique les petites pancartes vues plus haut. La chapelle fut ajoutée un peu plus tard, à priori en 1921 d’après les diverses sources. Ci-dessous des cartes postales anciennes montrant le château au début du XXème siècle :





Durant la Seconde Guerre Mondiale le bâtiment est victime d’un incendie, puis restauré après la guerre, mais avec moins de décorations (disparition de la tour et de nombreux balcons). Passant d’héritiers en héritiers, il devient finalement la propriété d’un Espagnol qui décide de le transformer en hôtel en 1992, et de lui redonner le faste d’avant l’incendie. Mais, comme de nombreux projets similaires, le chantier coûte beaucoup plus d’argent que prévu et s’interrompt en 1995... Le château est alors revendu à une société néerlandaise.

En 1999, alors que le château est inoccupé depuis quatre années, un incendie se déclare «à huit endroits différents». On soupçonne un incendie volontaire pour ensuite revendre le terrain. Au fil des années, d’autres incendies (2009, 2016) endommageront ce qui reste du château, qui est toujours debout au moment où j’écris ces lignes (2025). Ci-dessous des vues aériennes allant de 2013 à 2021.