Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


Voici le deuxième des quatre reportages réalisés suite à la visite d’un lieu que j’ai nommé «Base Unendlich» («Base Infinie»). Dans ce deuxième reportage je découvre en compagnie d’Aude et de Guillaume ce que j’appelle la «Zone Nord» de la base, qui contient une immense zone pavillonnaire, des églises, une piscine et divers autres bâtiments. Si vous avez raté le premier reportage (qui explique le contexte de la découverte de cette base) lisez le premier reportage.




Après avoir exploré la «Zone Sud», Aude, Guillaume et moi déjeunons à proximité du point d’accès menant à la «Zone Nord», qui, comme vous allez le découvrir, est gigantesque. Comparé à la zone sud, où je ne savais pas par où entrer ni ce qui nous attendais (je n’avais cherché aucune image de l’intérieur de l’hôpital), ici je suis relativement plus serein : je sais à peu près quel chemin prendre et je sais ce que nous allons visiter. Mais tout se passera-t-il bien avec ces patrouilles qui circulent dans la zone nord ? C’est la question épineuse, et pour le moment, à propos d’épines, je pense surtout aux ronces ou aux barbelés qu’il nous faudra probablement traverser pour entrer dans la zone nord…

Une fois garés à proximité du point d’accès que j’ai repéré grâce à la vidéo de 2022, je sais à peu près par où aller : il n’y a qu’à suivre un chemin de randonnée, et au bout d’un moment il y aura sûrement un grillage à passer, avec probablement un trou quelque part... Mais, quelques instants plus tard, quelle n’est pas ma surprise : zéro clôture ! A peine entrés dans la forêt, guettant un grillage ou des barbelés, nous apercevons déjà la silhouette d’un des innombrables pavillons. La zone nord n’est-elle donc pas clôturée ? Aussi fou (et facile) que ça en ait l’air, il semble que ce soit le cas.

Traversant la forêt, nous débarquons dans l’ancien jardin d’un des pavillons. Entrant par une baie vitrée grande ouverte, la visite débute, et, d’emblée, je propose quelque chose à Aude et Guillaume : les pavillons étant tous identiques, en documenter un seul suffira. Le temps nous est compté : la base est immense et il y a beaucoup à explorer. Ci-dessous, des photos prises au drone (une fois sorti de la zone, en fin de journée) de la partie «pavillons». Si vous trouvez qu’il y en a beaucoup sur les photos, imaginez que ce n’est qu’une petite partie de tout la zone nord !













Remarque : en trouvant une carte du site j’ai pu faire un petit décompte du nombre de bâtiments présents dans la base militaire. Niveau bâtiments d’habitation, j’en ai compté environ 650. Mais s’il y a pas mal de maisons isolées, il y a aussi des fois deux maisons collées l’une à l’autre (idem avec trois pavillons, quatre pavillons etc) ce qui fait qu’il y a plus de logements que l’on pourrait le penser. La carte trouvée sur Internet liste les numéros des logements. En les comptant, j’obtiens 1300. Pas mal !

Pour ce qui est des autres bâtiments (églises, zone commerciale, écoles etc) j’arrive à un peu moins de 300. (Je n’ai pas compté les boxes pour voitures dans le calcul, faut pas exagérer non plus.) Au total, il y a donc environ 950 bâtiments sur place (certains petits, comme l’église, d’autres immenses, faisant cinquante fois la surface de l’église), sans compter la zone sud qui contient l’hôpital militaire et une trentaine de petites constructions tout autour. Gigantesque ? C’est peu dire. Ci-dessous des photos prises en coup de vent au smartphone :





Ci-dessous, les photos prises dans le pavillon. Quelques dégradations ici et là, du verre brisé, quelques taches, mais dans l’ensemble tout pourrait être habitable sans faire de grandes rénovations. Durant ma visite de cette grande maison silencieuse j’ai l’impression d’être dans un film d’épouvante américain, en train d’explorer une maison de «Haddonfield» (la ville du film «Halloween») tant l’agencement de la maison a un parfum américain. N’ayant visité qu’un seul de tous ces pavillons, j’ignore si certains sont en plus mauvais état que ça, mais c’est fou de se dire qu’il n’y a aucun tag ou «gros» vandalisme alors que la zone est accessible à tout le monde. Peut-être car c’est un site peu connu ? Et que les patrouilles circulent, aussi.



























La visite du pavillon terminée, nous scrutons la petite rue, à l’affut du moindre signe de surveillance. Rien. Juste un silence impressionnant. Jetant un œil à mon plan de la zone nord, je propose à mes camarades d’exploration de nous diriger vers le prochain objectif : la petite zone commerciale aperçue dans la vidéo de 2022. Pour cela, il nous faudra traverser quelques rues, mais tout devrait bien se passer car il y a un moyen simple de progresser de pâté de maison en pâté de maison : passer par les jardins situés derrière les maisons. Même si la progression ne sera pas aussi rapide qu’en marchant sur la route, au moins nous serons complètement invisibles grâce à la végétation.

Et c’est ce que nous faisons. Avançant rapidement malgré les hautes herbes et quelques orties, nous apercevons en chemin d’autres pavillons (tout aussi vides que celui que nous avons visité) mais tombons aussi sur des panneaux écrits parfois en Allemand, parfois en Anglais, parfois les deux. Les plus curieux chercheront la localisation du lieu et découvriront pourquoi. La tentation de tout de même explorer d’autres pavillons est si grande que nous entrons dans certains. Il faut dire qu’ils offrent aussi une parfaite cachette au cas où une patrouille de sécurité arriverait.



























Ci-dessous des photos prises par Guillaume :













Après cette petite promenade derrière les pavillons (et parfois dedans) nous arrivons au prochain objectif : une des petites zones commerciales de la zone nord. Ici, les habitants de la base venaient faire leurs courses, se faisaient raser ou coiffer, retiraient du liquide, venaient chercher leurs pizzas etc. Toute une vie aujourd’hui disparue, mais qui pourrait tout à fait renaitre vu le bon état général de l’ensemble. Bien sûr, pour cela il faudrait que les pavillons vus plus tôt soient habités...

Je remarque que, outre les habituelles enseignes, on trouve aussi différentes marques que je ne pensais pas voir ici : Jaguar, Thomas Cook, Europcar… Les boutiques sont-elles remplies de mobilier et objets témoignant de leur activité ? Pas le moins du monde. Entièrement vides, seule la banque est ouverte, mais il n’y a plus rien à voir dedans, sauf bien sûr si l’on est passionné par les bureaux vides. Ainsi se finit la très rapide visite de la zone commerciale. Au passage, je remarque un grillage et des barbelés en très bon état nous séparant d’une partie de la base. Il y a donc clairement des zones impossibles à visiter. Et quelque part, c’est bien qu’il y ait cette clôture, ça évite d’entrer dans un bâtiment en activité !















Discutant du prochain objectif, Aude, Guillaume et moi nous apprêtons à traverser à nouveau la rue qui nous a permis d’accéder à la zone commerciale quand nous sommes stoppés net dans notre élan : une voiture passe à toute vitesse juste devant nous ! Heureusement pour nous, nous sommes complètement invisibles derrières les arbustes ayant poussé devant les boutiques. Mais quel frisson ! Si nous avions traversé trois secondes plus tôt nous étions interceptés… ou écrasés ? Prenant le temps de bien rester cachés, nous attendons le bon moment pour traverser la rue et revenir dans la végétation entourant les pavillons… Avons-nous été vus ? Il semble que non, sinon la voiture serait revenue quelques instants plus tard. Ci-dessous un photo de ce moment un peu stressant :

Il semble que la voie soit libre. Le prochain objectif n’est pas bien loin en passant par les jardins touffus derrière les pavillons. Quelques minutes de marche plus tard, nous voici à une trentaine de mètres d’une jolie petite église. Est-elle ouverte ? Aucune idée. L’explorateur de la vidéo de 2022 l’a-t-il visitée ? Trois ans plus tard je ne m’en souviens pas... Mais pas de temps à perdre, après avoir regardé à gauche et à droite, nous courrons vers le petit bâtiment, petit mais diablement beau, et ouvert aux quatre vents.

Quelques secondes plus tard, nous voici à l’intérieur, occupés à la documenter. Pendant ce moment je ne suis pas complètement tranquille, car si nous avions été repérés, la sécurité pourrait très bien débarquer dans l’église et nous arrêter. Il faut croire que nous avons beaucoup de chance ce jour-là car nous y restons une bonne demi-heure sans être inquiétés. Tranquillement, nous nous imprégnons de l’atmosphère un peu austère mais fascinante du lieu de culte… Ci-dessous des photos prises dans l’église :























Une fois sortis, je propose à mes camarades d’aller visiter la deuxième église, située à cent cinquante mètres de là. Est-elle intéressante ? Je ne sais pas trop, mais le prochain objectif est situé un plus loin en ligne droite, et cette deuxième église sera parfaite pour se cacher dans le cas où une voiture de sécurité tournerait dans le coin. Quelques instants plus tard, après avoir traversé un champ d’herbes hautes, nous voilà dans la deuxième église. Est-elle intéressante ? Assez pour prendre le cliché ci-dessous :

Le prochain objectif est une piscine abandonnée. Située à deux cents mètres de la deuxième église, je dois dire que le trajet ne fut pas vraiment serein : bien qu’à moitié cachés par des arbustes, des herbes hautes et quelques arbres derrière lesquels se cacher, j’ai vraiment cru que nous nous ferions attraper. Mais par chance ce n’est pas le cas. Il faut dire que c’était vraiment une très bonne idée de venir en plein été, quand la végétation est à son maximum. Durant ce petit trajet vers la piscine j’ai même le temps de prendre une photo où l’on voit les deux églises :

Une fois au bord du bassin à l’abandon, je prends le temps de souffler et médite un instant sur la journée d’exploration en cours : si jamais nous arrivons à documenter cette piscine et que l’exploration s’arrête là (par faute de temps, d’énergie ou arrêté par la sécurité) ça sera franchement déjà pas mal. Le matin nous avons déjà exploré l’ancien hôpital militaire, qui était aussi fascinant que photogénique vu d’en haut avec le drone. Et l’après-midi avec ces pavillons, cette zone commerciale, les deux églises, ça va en faire des photos à trier ! Ci-dessous, des photos de la piscine :





















Quelques photos de l’intérieur du bâtiment au bord de la piscine. Dans une des pièces, une inscription au mur : «Geht einer von uns, geht einer zu viel» : «Si l'un de nous part, c'est un de trop.»









Ci-dessous une photo prise lors d’un moment de repos. Comme ça, sans aucun contexte, c’est juste une photo montrant un lieu désert. Mais au moment où je la prends, cela fait un peu plus de sept heures que nous explorons cette base (l’hôpital militaire, les pavillons, la zone commerciale, les deux églises…) Légèrement fatigué, et ayant probablement trop pris la confiance, aussi, je suis sûrement un peu inconscient de prendre une photo depuis cette fenêtre ouverte qui s’ouvre et se referme toute seule à cause d’un courant d’air. Si une voiture arrivait, elle me verrait sûrement et ce serait la fin de l’aventure.

Et pourtant, quel plaisir d’avoir pris cette photo. Cette végétation qui pousse partout, cette absence de vie humain qui me fascine… J’aurais pu prendre cette photo au drone, mais la faire en vrai, depuis la base, quelle sensation unique ! Quelques secondes après avoir refermé la fenêtre, j’entends une voiture de sécurité passe à toute allure, suivie de deux camionnettes bleue (toutes aussi pressées) sur lesquelles je lis le mot «POLICE». Une fois le trio de véhicules disparu, le silence revient.




Y’a-t-il encore d’autres bâtiments à visiter ? Oui, mais la fatigue se fait également sentir pour Aude et Guillaume. Nous décidons donc de revenir à notre point de départ (la forêt menant au premier pavillon exploré) en faisant une grande boucle nous permettant de visiter d’autres bâtiments au passage. Nos pas nous mènent ainsi à divers bâtiments à la fonction inconnue, certains ouverts, certains fermés, et toujours cette ambiance de ville morte qui me fascine... Décidant que j’ai eu mon compte d’images pour la journée, je réalise quelques clichés avant de finir par prendre en photo un escargot, excellente métaphore visuelle de mon état physique après avoir passé presque huit heures debout à arpenter l’ancienne base militaire.





Ci-dessous des photos prises avec le drone prises depuis l’intérieur de la base, enfin «intérieur» est un grand mot, disons que nous étions pile à la sortie, mais assez camouflés par la végétation pour ne pas trop avoir peur qu’une voiture arrive. Ce lieu me travaillait depuis trois ans, ça fait tout drôle d’être enfin venu sur place…













Et les autres bâtiments alors ? Et le bunker dans la vidéo de 2022 ? Ne sachant pas où il se situait, nous ne l’avons pas visité. Mais le soir-même, consultant Google Maps, nous réalisons que nous avons en tout et pour tout exploré à peine un quart de la base, et encore ! Notre curiosité anesthésiant la peur de se faire attraper une voiture de surveillance, nous nous jurons de revenir un jour sur place. Ce sera le cas quelques mois plus tard, cliquez sur l’image de droite ci-dessous !