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Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension. |
Voici le premier des quatre reportages réalisés suite à la visite d’un lieu que j’ai nommé «Base Unendlich» («Base Infinie»). Dans ce premier reportage je découvre en compagnie d’Aude et de Guillaume ce que j’appelle la «Zone Sud» de la base, qui abrite l’hôpital militaire, dont voici ci-dessous une photo prise au drone. |

Mais avant de commencer la visite, un peu de contexte : en 2022 je reçois par message privé un lien vers une vidéo Youtube dans laquelle un explorateur urbain visite ce qu’il dit être la «plus grande ville fantôme d’Europe». Comme de nombreuses vidéos d’exploration urbaine, l’accroche est sensationnaliste, le vidéaste mentionnant notamment un nombre très élevé de pavillons. Peu intéressé par la vidéo en elle-même, je me mets tout de même à chercher la localisation du site en question pour vérifier s’il y a bien autant de maisons que le vidéaste l’affirme. La grande majorité des vidéastes (pas tous heureusement) étant connus pour tout exagérer afin d’inciter les gens à regarder leurs vidéos, je me dis que c’est un mensonge. Et comme j’ai un peu de temps libre ce soir-là, ce serait une expérience amusante que de retrouver le lieu en question, et vérifier ça par moi-même. Je lance donc la vidéo, prenant soin de couper le son, les commentaires du vidéaste étant inintéressants et l’habillage sonore insupportable. Chose intéressante : outre les pavillons, il y a apparemment aussi une église, une zone commerciale et un bunker. Quelques instants plus tard, je tombe sur un indice qui me permet de découvrir où est situé cette fameuse «ville fantôme». En trois clics je tombe sur une page Wikipédia donnant son nom et sa localisation. Après avoir survolé la zone sur Google Maps, je dois me rendre à l’évidence : il y a bien une quantité incroyable de maisons : le vidéaste sensationnaliste disait la vérité ! Mais le site militaire est-il une «ville fantôme» pour autant ? Oui et non. Une (très) vaste partie du site est effectivement abandonnée, mais certains bâtiments sont occupés par la Police (qui s’entraine dedans de temps en temps) et des patrouilles de sécurité circulent un peu partout sur place. L’une d’elle arrête d’ailleurs le vidéaste durant son exploration. Trouvant le lieu intéressant, je me dis que si jamais je viens explorer ça, il faudra bien une journée entière. Je ne viendrais pas tout seul, et certainement pas sans avoir tenté de distinguer le mieux possible ce qui est abandonné de ce qui est utilisé par la Police. J’informe mes camarades de ce nouveau site à explorer, puis colle un post-it sur le bord inférieur de mon écran d’ordinateur. Dessus, j’écris le nom de la «ville fantôme», et en dessous «à explorer un jour»… |
Trois années plus tard, nous voici début 2025. Ayant entre temps découvert quelques lieux abandonnés situés non loin de la «ville fantôme» je propose à mes camarades un petit road trip d’été pour aller explorer cette fameuse base militaire qui titille mon imagination. Commençant à rassembler quelques informations via Google Maps, je découvre par hasard un hôpital militaire drôlement photogénique (du moins, de haut) à 600 mètres au sud (à vol d’oiseau) de la «ville fantôme». Visiblement à l’abandon, et lié à la base militaire, il en est cependant séparé par un champ (les fameux 600 mètres à vol d’oiseau). Je décide donc de scinder le site en deux parties : la grande «zone nord» (pavillons, églises, divers bâtiments) et la petite «zone sud» (hôpital militaire). Je propose à mes camarades de tenter la zone sud le matin, puis la zone nord l’après-midi. Progressant dans mes recherches, je vois que la zone sud est gardiennée (ouille) mais n’est pas utilisée par la Police (ouf). Pour ce qui est de la zone nord, c’est plus délicat : des voitures de sécurité patrouillent sur le site, et difficile de savoir où ont lieux les entrainements de la Police… Certains endroits de la zone nord étant franchement à découvert, l’exploration ne sera pas de tout repos. Mais c’est aussi ça, l’aventure, non ? Pour ce qui est du bunker, je ne réussis pas à trouver son emplacement. |
Quelque mois plus tard, le road trip débute. Chaque jour est consacré à explorer différents lieux abandonnés, généralement un le matin et un l’après-midi. Des fois ça marche, des fois nous nous faisons raccompagner à la sortie… C’est ça l’exploration urbaine ! Au bout de quatre jours, nous y voilà, il est temps d’explorer cette fameuse base militaire repérée trois années auparavant. Arrivés en début de matinée, nous progressons vers la zone sud, où est situé l’hôpital militaire. Comment accéder à cette zone ? Aucune idée, mais je me dis qu’il y aura bien un trou dans le grillage quelque part… Ci-dessous, Aude et Guillaume. |

Alors, trou ou pas trou ? Heureusement pour nous, c’est le cas ! Merci aux explorateurs venus avant nous, grâce à qui nous n’aurons pas à escalader la clôture. Une fois entrés, et bien cachés par la végétation (ce n’est pas pour rien que nous sommes venus en été) nous restons le plus possible sur nos gardes. Se faire attraper dans la zone sur serait vraiment nul, mais la journée ne serait pas gâchée pour autant : une fois mis dehors, nous pourrions toujours tenter plus tard la zone nord située sur une parcelle différente. Enfin ça c’est si nous ne finissons pas au commissariat évidemment… Avançant prudemment, ouvrant grands les yeux et les oreilles, nous commençons par visiter l’intérieur de quelques petits bâtiments de plain-pied, pas très intéressants. Durant ce moment, alors que nous sommes occupés à prendre des clichés, et un peu éloigné les uns des autres (mais dans le même bâtiment heureusement) j’ai un frisson en entendant une voiture s’approcher des bâtiments. Il est temps de se planquer ! A l’abri dans une pièce, nous nous retrouvons, nous accroupissons, puis entendons le véhicule rouler au pas, suivre la route, faire demi-tour, puis… repartir d’où il est venu ! C’était une simple ronde, nous ne sommes pas repérés ! Quand la voiture reviendra-t-elle ? Aucune idée. Ci-dessous les photos prises durant cette première approche : |
Une fois la documentation de ces premiers bâtiments effectués, nous nous dirigeons sans attendre vers l’objectif principal de cette matinée dans la zone sud : l’hôpital. (Remarque : ce lieu n’apparait pas dans la vidéo qu’on m’avait envoyé en 2022. J’imagine que le vidéaste s’était concentré sur la zone nord sans accorder d’attention à l’hôpital. Ou alors il ne savait pas qu’il y avait cet hôpital militaire à 600 mètres au sud.) Progressant à pas de loups à travers fougères, orties et autres arbustes, Aude, Guillaume et moi arrivons presque en vue du fameux hôpital. Cachés dans les fourrés, l’étape suivante s’avère rapide, mais délicate : traverser rapidement une petite rue d’environ 6 mètres sans se faire voir par la voiture de la sécurité qui pourrait arriver n’importe quand. Après avoir traversé, nous serons tranquilles car le bâtiment (grand ouvert) ne sera plus qu’à un lancer de caillou. Nous pourrons donc facilement nous y cacher. Accroupi dans la végétation, je me mets à penser à ce qui nous attends dans la zone nord l’après-midi : quadrillée de rues, il nous faudra faire ça au moins une dizaine de fois… Heureusement, la végétation jour pour nous ! Toujours complètement silencieux, nous patientons encore, à l’affut du moindre son de véhicule, ce qui s’avère compliqué quand le véhicule en question roule au pas et que le vent fait un bruit de tous les diables en soufflant à travers les arbres. Question vision, la végétation est un avantage comme un inconvénient : si elle nous cache vraiment bien, elle cache aussi tout véhicule qui pourrait arriver au détour d’un virage. Au bout d’un moment, à force d’attendre la bonne fenêtre de tir, nous décidons que c’est le moment : tenant fermement nos sacs à dos, nous traversons la rue au pas de course et nous planquons encore plus rapidement dans les fourrés. Etape réussie ! Une dizaine de mètres plus loin, l’hôpital est là. Est-il gardienné ? C’est sans hésitation que nous nous y réfugions. Une fois entrés, bien à l’abri dans la pénombre d’une petite pièce à la fonction inconnue, nous soufflons un peu. Avons-nous été repérés ? Il semble que non. Mais la prudence reste de mise : si l’on s’approchait trop des fenêtres nous pourrions être repérés par un vigile à pied (si jamais ils se promènent à pied). Comme vous le verrez sur les photos ci-dessous (et surtout celle prises avec le drone en fin de page) certaines parties de l’hôpital ont été démolies. L’explication : les parties qui menaçaient de s’effondrer ont été rasées. D’autres ont subi des incendies volontaires de la part de visiteurs malveillants, ce qui a également entrainé leur disparition. A propos de visiteurs malveillants, nous constatons que nous ne sommes clairement pas les premiers à venir. Un peu partout, des tags indiquent le passage de visiteurs ayant voulu laisser une trace de leur passage. Remarque : quand j’avais repéré l’hôpital, je n’avais pas fait de recherches pour voir des photos montrant l’intérieur du bâtiment. Pour cette partie de la visite de la base militaire (zone sud) tout est donc «inédit» à nos yeux. Progressant doucement, le fait que le bâtiment soit complètement vide me rend serein : moins il y a de choses à voler dans un lieu abandonné, moins on risque quoique ce soit en cas de contrôle. C’est donc l’esprit léger que Guillaume, Aude et moi nous séparons. C’est une chose que je fais souvent avec mes camarades d’exploration : une fois séparés, chacun peut prendre ses photos tranquillement sans avoir à se dire que quelqu’un d’autre attends derrière. On peut aussi mieux s’imprégner de l’ambiance du lieu en explorant seul. Autre avantage : le fait d’être seul, mais de savoir que les amis ne sont pas loin, ça permet de se dire que si l’on entend un bruit, pas grave, c’est sûrement un camarade. J’ai d’ailleurs un petit «code» à ce sujet : quand j’ai perdu de vue mes camarades ou que j’entends un bruit se rapprochant, je sifflote. Si on me renvoie le même sifflement, je peux respirer : mes camarades ne sont pas loin. Car mine de rien, même quand on pratique l’exploration urbaine depuis plus de vingt-cinq ans, la peur (du noir, du vide, de se faire griller etc) est toujours présente… Ci-dessous, mes photos prises dans l’hôpital militaire, qui est comme vous le verrez assez sombre. La faute aux fenêtres, pas bien grandes au rez-de-chaussée. Au premier étage ça va un peu mieux, mais quelle ambiance lugubre ! C’est si impressionnant que je me souviens avoir complètement oublié que nous pouvions tout à fait tomber sur un ou plusieurs vigiles DANS l’hôpital. J’étais dans un autre monde, et toute peur était anesthésiée (en ce qui me concerne) par mon objectif : ramener de la bonne matière pour faire un chouette reportage. J’espère donc que les photos ci-dessous vous plairont. |
Ci-dessous, d’autres photos. Vous noterez que certaines inscriptions sont en Allemand, d’autres en Anglais. Pourquoi ? Je ne peux pas vous le dire, mais les plus curieux et curieuses d’entre vous le comprendront en découvrant la localisation de la base, et qui l’occupait. |
La visite de l’hôpital touche à sa fin. Regardant mon smartphone, je me dis que cela serait trop long (et trop dangereux) de tenter de visiter les autres petits bâtiments situés autour de l’hôpital. La chaufferie a pourtant l’air sympa avec ses deux tours, mais est-ce que ça vaut le coup de se faire attraper en y allant ? Non. Le cœur battant bien moins vite que lors de l’entrée sur le site, nous retournons donc sur nos pas et ne croisons (par chance) aucune voiture de sécurité. Une fois le trou dans le grillage passé, ça y est, nous ne sommes légalement plus dans la zone sud ! Quel plaisir de sortir le drone et faire (en toute sécurité) des photos depuis le ciel de ce que nous venons d’explorer… Ci-dessous, le résultat. Pourquoi l’hôpital a-t-il une forme si particulière ? Je n’en ai aucune idée, mais une chose est sûre : c’est vraiment beau. |
Première visite terminée ! Après avoir passé la matinée à explorer la «Zone Sud», il est temps d’aller voir comment ça se passe dans la grande, la très grande «Zone Nord». Et pour cela c’est très simple, il vous suffit de cliquer sur l’image à droite ci-dessous : |