Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


Il est de ces lieux à l’abandon qui demandent d’avoir pas mal de temps devant soi si l’on veut les explorer en entier. C’est le cas de ce complexe médical. Le jour de cette visite, nous devions explorer un hôtel à l’abandon le matin et ce complexe médical l’après-midi. L’hôtel étant inaccessible, nous avons donc directement roulé vers le lieu présenté sur cette page, et finalement, vu sa taille, heureusement que l’hôtel était fermé, sinon nous n’aurions probablement pas eu le temps d’explorer en entier le site présenté sur cette page.

Garés sur un parking à une petite centaine de mètres du lieu, Aude, Guillaume et moi-même nous dirigeons vers le vaste complexe confortablement installé au milieu d’une vallée boisée tout ce qu’il y a de plus sympathique. Avançant discrètement, nous cherchons le plus rapidement possible un point d’entrée et constatons que tout est ouvert aux quatre vents. Un signe que le site n’est pas surveillé ? Peut-être bien. En tout cas une fois à l’intérieur nous ne perdons pas de temps et commençons à documenter le lieu. Un lieu dont j’avais l’adresse depuis quelque temps et dont j’avais vu cinq ou six photos, pas plus.

Si de l’extérieur l’architecture du complexe médical a un charme pas déplaisant avec son look de station de ski, l’intérieur n’est pas en reste avec cet insolite hall et son escalier à plusieurs paliers avec sa curieuse sculpture murale. Visiblement l’artiste a voulu dépeindre la vallée avec ses sapins et le soleil couchant au sommet de l’autre versant. La couleur bleue a un côté apaisant du plus bel effet, contrastant beaucoup avec l’ambiance jaunâtre du hall. Reste à être sensible à ce genre d’imagerie. Pour ma part je trouve cela intéressant, mais j’ai des doutes sur le côté apaisant…







Voici le hall plus en détails. Moderne, assez kitch par endroits, la première chose qui nous frappe en l’explorant est qu’il reste sur place une quantité impressionnante de matériel : mobilier, déambulateurs, objets médicaux, et même des skis ! Tant de choses qui pourraient encore servir, mais que l’on laisse ici à la merci du froid et de l’humidité. Dégager tout cela et l’emporter ailleurs aurait certainement un coût… Un beau gâchis en tout cas.





























La question qui suit une fois le hall documenté, c’est où aller ? Ce site est si immense ! La réponse est en fait assez simple : un peu au hasard de là où nous mènent les marches... Ainsi, après avoir gravi le bel escalier, nous découvrons d’autres pièces, dont certaines vraiment intéressantes comme ces baignoires orientées vers le sud, ou encore ces bassins de rééducation motrice. Tout un univers médical que je n’avais pas visité depuis longtemps et qui fait toujours son petit effet.

















Quelques instants plus loin je découvre l’ancienne piscine. Si le cadre devait être fantastique lorsque le site était en activité, c’est une tout autre histoire aujourd’hui : dégradations, matériel jeté dans l’eau, un vrai chaos flottant assez fascinant de par l’immobilité de l’eau. Oui, malgré ce triste décor, il se dégage un grand calme ici que l’on peut trouver apaisant. Du moins moi ça m’apaise. Montant l’escalier en colimaçon je peux même documenter la piscine de haut pour qu’on comprenne un peu mieux sa forme.



























Un passage permet de passer de la grande piscine intérieure à une autre, plus petite, située à l’extérieur. Le passage reliant les deux a gardé un charme fou avec son petit toit en bois. Ici, point de matériel au fond de l’eau, juste une impression d’abandon que personne n’a touché. Les vues au drone que nous ferons en fin de visite montrent encore mieux cette petite piscine, et le jeu de contraste entre le vert du bassin et le rouge du carrelage tout autour a quelque chose de très beau à mon sens.



Aude et Guillaume, qui étaient un peu en arrière, rejoignent la piscine. Tandis que je les laisse profiter de la vue, ils m’indiquent une partie du site que j’ai raté : l’espace sport ! Chaque complexe médical a le sien, plus ou moins développé. Ici, ce n’est pas moins de trois grandes salles (dépourvues de vue sur la vallée, à mon grand étonnement) qui aidaient les patients à retrouver une motricité. Mais niveau matériel, il ne reste aujourd’hui que les agrès muraux, le reste ayant probablement été volé ou déplacé ailleurs. Si l’on oublie un peu les tags défigurant la pièce, il y a une belle ambiance ici (mais si je préfère la piscine vue plus tôt).










Revenant vers la piscine pour déjeuner avec Aude et Guillaume, mes pas me font traverser diverses pièces : laverie, cuisine… Tout un monde aujourd’hui à l’abandon, mais qui devait grouiller de personnel à l’époque vu la taille du complexe !









Au moment de cette visite (mi-novembre) le soleil se couche tôt. Je m’empresse donc d’aller faire un tour du côté d’une partie du site qui a l’air gigantesque : les chambres ! Très nombreuses, la structure du bâtiment sur plusieurs niveaux (et en pente) n’aide pas à se repérer, mais je peux tout de même documenter le lieu comme je le voulais. Malgré une certaine obscurité dans les couloirs, on arrive un peu à se faire une idée de la vie lorsque le complexe médical était en activité. Et je dois dire que les chambres avaient l’air confortables. Comme pour le hall, c’est étonnant de voir que tant de choses sont encore là : mobilier, draps, coussins, matelas, télé… Le site pourrait-il revivre en un clin d’œil ?











L’exploration continue en prenant en photo diverses pièces et zones du site. Dans quasiment chaque pièce je me dis «Si nous étions arrivés ici le matin nous ne serions pas obligés d’explorer le site au pas de course…» mais tant pis, c’est comme ça. Utilisant la même approche que pour le livre «Urbex Europe» j’essaye de prendre en photo des choses significatives du lieu, et que l’on ne trouverait pas ailleurs, comme ce deuxième hall, ou cet autre escalier avec sa belle lumière zénithale.





Gravissant les marches d’un énième escalier, je m’arrête quelques instants pour prendre en photo des champignons poussant entre des lattes de bois, vestiges d’un lit jeté en vrac pas loin. La lumière commence à diminuer, mais comment résister au plaisir de documenter ces mignons petits organismes ? Regardez-moi comme ils sont mignons ! Selon Google ce sont des «Tubaria» (Tubaires). Leur particularité est d’être «saprophytes», c’est-à-dire qu’ils se développent sur le bois pourri. Ici, on peut dire qu’ils sont comme des coqs en pâte…

Mais savez-vous d’où vient l’expression «comme un coq en pâte» ? Réponse via Internet : «Les plus beaux coqs des fermes étaient particulièrement bien traités dans le but de les présenter à des concours agricoles. Certains étaient même recouverts d’une pâte qui rendait leurs plumes plus brillantes.» Ce soir je me coucherai moins bête !







Après être rapidement passé devant plusieurs chambres, j’informe Aude et Guillaume que je monte sur le toit terrasse voir si la vue y est belle : et elle l’est ! D’ici on a vraiment un chouette panorama sur la forme si particulière du complexe médical. Et ça donne très envie de revenir un jour ici par temps neigeux…















La visite est-elle terminée ? Oui. Comme moi, mes deux camarades d’exploration en ont plein les pattes et sont ravis que cette visite se soit très bien passée. La lumière commençant à sérieusement décliner, je fais décoller le drone depuis le toit pour documenter l’immense site pendant que le soleil n’est pas encore descendu derrière le versant en face du complexe médical. Faisant revenir le drone, je ne suis pas très heureux de mes photos, qui sont trop exposées. C’est alors que le soleil passe juste derrière la montagne, et le site se retrouve dans l’ombre, certes, mais de manière plus uniforme. Faisant à nouveau décoller le drone, je peux cette fois-ci prendre les photos que je voulais, et que je vous propose ci-dessous :



















Construite à la fin des années 70, cet ancien centre de réadaptation et de soins en orthopédie ne compte pas moins de douze niveaux en tout. Un peu plus de 250 chambres composent le gros du bâtiment, le reste étant dévolu aux soins, laverie, piscine etc. A la fin des années 90 un incendie ravage une partie des bâtiments. Au moment du sinistre, les 140 patients logés sur place sont tous sauvés, mais les dégâts causés par le feu sont estimés à plus de 6 millions d’euros. Après quinze mois de travaux, le site peut redémarrer son activité. Le coût des travaux a-t-il causé la mort du centre de réadaptation ? On peut se poser la question car 8 années après l’incendie le site fait faillite.

Repris par un investisseur étranger (qui permet au site de continuer à fonctionner) le site reprend son activité mais fait faillite cinq années plus tard. A l’époque, une centaine d’employés perdent leur emploi. Fin 2015 un nouvel investisseur fait son apparition, projetant de transformer le centre en hôtel cinq étoiles. Le projet de conversion, estimé à 60 millions d’euros, ne verra jamais le jour. Une vente aux enchères a lieu en 2017, mais comme vous avez pu le voir, il reste encore de nombreux objets sur place qui n’ont pas trouvé acheteur.

Redescendant les escaliers, Aude et Guillaume nous retrouvons dans le hall exploré en tout début de visite. Consultant les photos prises au drone, je montre un bâtiment un peu à l’écart des autres, que nous pourrions tenter d’explorer puisque nous avons encore un peu de lumière. Consultant Google Maps, nous regardons comment y aller de la manière la plus discrète possible, et quelques instants plus tard nous nous retrouvons face au majestueux bâtiment. C’est l’objet d’un second reportage, que vous pouvez consulter en cliquant ici ou sur l’image ci-dessous.