Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


2017. Ce lieu est (ou était) probablement le plus connu de tous les lieux abandonnés d'Allemagne. Le nombre de bâtiments, son histoire, son emplacement... Tout donne à rêver pour l'explorateur urbain. Une fois sur place, surprise, le lieu n'est en fait pas si abandonné que ça. Des travaux sur la route indiquent qu'une nouvelle station de bus ouvrira bientôt, et des bâtiments sont de toute évidence redevenus actifs. Clinique, restaurants, parkings avec de nombreuses voitures garées... Arrivons-nous après la bataille ? C'est ce que nous allons voir. Faisant un rapide tour des lieux en voiture, nous constatons qu'il reste encore quelques bâtiments abandonnés. Mais feront-ils accessibles avec toute cette activité autour d'eux ? N'y aura-t-il pas des alarmes ? Des caméras ?

Après quelques minutes de marche en forêt, nous passons devant des hangars à moitié abandonnés, et arrivons en vue d'un bâtiment qui a tout l'air d'être abandonné. Le temps d'en faire le tour, je réalise que l'extérieur est déjà en lui-même assez sublime. Briques rouges, tuiles, colombages, arbustes poussant sur la toiture, lierre courant sur la façade, clocher, décorations : le souci du détail offre au regard du visiteur de quoi être heureux d'avoir fait le trajet. Après inspection des fenêtres menant au sous-sol, nous en trouvons une ouverte. Quelques instants plus tard, l‘exploration à proprement parler commence…







Nous constatons que le rez-de-chaussée est utilisé pour des tournages. Sol propre, murs nettoyés... Visuellement, c'est une petite déconvenue, mais le temps de monter à l'étage nous découvrons cette fois-ci le lieu tel qu'il était lors de son abandon il y a bien des années : peinture qui s'écaille, humidité, débris au sol, poussière, toiles d'araignées : l'exploration commence ! Et c'est avec une certaine fascination que je découvre de grandes pièces (qui hébergeaient très probablement plusieurs patients à la fois) très lumineuses, mais également peintes avec des couleurs apaisantes : bleu, vert... Il règne ici une sérénité très agréable qui contraste un peu avec le look de maison hantée de l'extérieur. Des balcons à colonnes donnent même une ambiance de château vraiment dépaysant, on se croirait dans un vieux palais endormi...















































Le deuxième bâtiment que nous visitons est en revanche, lui, clairement abandonné. Ici, point d'ambiance de vieux palais : la végétation entourant l'édifice à l'époque de cette visite donne un petit côté oppressant, comme si la nature voulait étouffer ce lieu et le faire disparaitre. De longs couloirs tagués (mais pas tant que ça) donnent sur d'innombrables chambres, cette fois un peu plus petite que dans l'autre bâtiment. Infiltrations, murs croulant à certains endroits, dernier étage très dangereux, ici il faut faire un peu attention, et, en fouinant un peu, on tombe sur des salles très photogéniques et parfois totalement dépourvues de tags, permettant un peu de s'imaginer être le premier à visiter le lieu comme si personne ne l'avait exploré depuis le milieu des années 90, période à laquelle le lieu fut délaissé.





















Dans le bâtiment le plus mal en point (et également le plus accessible) se trouve une immense salle assez abîme, une partie de la toiture s'étant effondrée d'un côté. Cette pièce semblait être un ancien réfectoire. Le miracle de cette fameuse salle, dont la hauteur sous plafond n'est pas en reste, c'est qu'elle offre un spectacle sublime avec des fenêtres vraiment belles, donnant l'impression d'être dans une église. S'y poser quelques instants le temps d'admirer le travail du temps sur les fenêtres en fer forgé, les boiseries et les briques rouges est assez inspirant.





Construit à la fin du XIXème siècle, ce complexe de soixante bâtiments était à l'origine un immense sanatorium. La Première Guerre Mondiale fit que le lieu devint un hôpital militaire. Un soldat moustachu blessé à la Bataille de la Somme y fut soigné en 1916. Il devint tristement célèbre quelques années plus tard. A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, l'hôpital fut occupé par l'Armée Rouge jusqu'en 1995. A partir de cette année, le lieu fut petit à petit abandonné, devenant presque une ville fantôme. Depuis quelques années, la vie revient peu à peu : certains bâtiments sont à nouveaux actifs, d'autres servent pour des tournages, mais quelques bâtiments sont toujours abandonnés. Le premier bâtiment montré sur cette page est en cours de rénovation comme on peut le voir sur ces deux vues aériennes datant de 2017 (année de ma visite) et 2025.



Le deuxième bâtiment semble quant à lui toujours à l’abandon en 2025 :

Ci-dessous l’illustration réalisée pour le livre «Urbex Europe» :