la Galeria Saturno
Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerai pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.
Voici un lieu visité lors d’un road trip en Italie avec Aude et Guillaume. C’est sur les réseaux sociaux que j’avais vu passer des photos de ce centre commercial, avec comme cela arrive parfois, son nom et sa localisation. Ce n’est pas l’aspect historique du site qui m’avait plu, mais plutôt son architecture (moderne) et sa fonction. Pour l’enfant des années 80 que je suis, impossible de ne pas penser au film de zombies «Dawn of the Dead» (1978) dont l’action se situe dans un centre commercial. J’étais donc assez excité à l’idée de retrouver la même ambiance, heureusement sans les zombies… Mais si nous avions la localisation du site, nous ne savions pas par où entrer.
Où se garer ? Les places ne manquent pas sur le parking d’un centre commercial abandonné, mais ça serait bien trop voyant. Nous garons donc notre véhicule à l’ombre d’un peuplier, non loin d’une potentielle entrée, puis avançons d’un pas tranquille. Et même un peu trop tranquille puisqu’une fois face à une porte, une alarme se déclenche ! Elle dure une dizaine de secondes, puis s’arrête. Zut. Bon, que faire ? Est-ce que c’est nous qui l’avons déclenché ? On dirait bien que oui car nous repérons un capteur à quelques mètres de nous. Ne voulant pas rebrousser chemin, nous postulons qu’il n’y a des alarmes qu’à l’extérieur du centre commercial, mais pas dedans, et qu’il y a forcément un accès quelque part... Descendant la pente menant au parking souterrain, nous marchons quelques instants, et au détour d’une porte, bingo, des escalators nous invitent à rejoindre le rez-de-chaussée du centre commercial. Nul capteur dans cette zone.
L’objectif principal de cette visite étant d’atteindre le magnifique hall (que vous verrez plus loin), c’est vers lui que nous nous dirigeons en premier. Et nous y sommes un peu poussés, car au début, voulant visiter les couloirs du centre commercial afin de s’imprégner de l’ambiance du site, nous faisons à nouveau sonner une alarme ! Guillaume nous montre alors que le lieu est truffé de capteurs ici et là. Nous décidons donc que, quitte à faire sonner des alarmes, autant tout de même tenter de documenter le hall, ça fera quelques photos… Quelques instants plus tard, coup de chance pour nous : le hall semble vide de tout système de sécurité. Nous nous empressons alors de photographier le hall, car pour le moment il y a une grande inconnue : est-ce que les alarmes font venir un gardien ? Ou la Police ? Nous n’en savons rien.
Quelques instants plus tard, une bonne demi-heure après avoir fait sonner les capteurs à l’extérieur, aucun gardien ou policier en vue : le stress redescend légèrement. Pour autant nous prenons soin de bien éviter les petits capteurs que nous apercevons un peu partout dans les couloirs de l’ancien centre commercial. Chemin faisant, nous pouvons documenter ce qu’il en reste, et l’ambiance «Dawn of the Dead» est (je dois l’avouer) franchement plaisante. On se croirait dans le film !
Quelques pas plus loin nous entrons dans ce qui semblait être une ancienne boite de nuit (ou de jour ?) qui faisait aussi magasin, relooking et tatouage en prime. L’ambiance ici est pour le moins originale avec cette pile de mannequins derrière les cabines d’essayage. Une vraie sensation de fin du monde, où les seuls humains encore présents sont en plastique.
La visite se termine en retournant au magnifique hall le temps de trois autres photos.
Adieu, temple de la consommation…
C’est tout ? Malheureusement, oui. Je dois avouer que j’aurais adoré pousser plus loin l’exploration du centre commercial pour retrouver les pièces que j’avais vu en photo (un ancien restaurant, une salle d’arcade etc) mais en chemin nous faisons sonner d’autres capteurs et un léger stress se fait envahir, car, si personne ne semble se déplacer, la sonnerie (qui dure environ 10 secondes) fait un peu grimper l’adrénaline, et nous ne sommes pas venus pour ça. Retournant sur nos pas, nous sortons de l’immense complexe et une fois à la voiture je fais décoller le drone pour immortaliser le lieu de haut, cette fois-ci sans craindre de faire sonner quoique ce soit…
Que s’est-il donc passé avec ce centre commercial à l’abandon ? L’histoire est fort simple : inauguré en 2007 et d’une superficie de 48.000 mètres carré (tout de même) celui-ci abritait 140 boutiques, dont un supermarché et un cinéma. Son existence fut cependant éphémère : situé en zone agricole, entourée de champs et concurrencé par la vente en ligne (mais surtout par d’autres centres commerciaux situés non loin de là) il ferma ses portes en 2015. Seulement huit/neuf années d‘activité ! Ironie du sort : au moment de notre visite (2026) juste avant d’arriver sur le parking du centre commercial, nous sommes passés devant un entrepôt… Amazon.