Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


Nous sommes en 2015. Aperçu par hasard le long d’une route, l’aspect éminemment «urbex» de cet ancien hôtel restaurant (qui faisait également bar, salle de groupe, réception, banquets etc) interpella un camarade d’exploration, qui me proposa de venir le visiter. Le lieu étant très exposé, nous ne nous attendions pas à faire une visite passionnante, mais qui sait, nous avions bien le temps de nous arrêter quelques instants et voir ce que la curiosité pourrait nous réserver. Le temps de nous garer à coté, nous nous dirigeons vers le bâtiment et cherchons un accès. Trouvant un trou dans la clôture puis une porte grande ouverte à l’arrière, la visite commence…



A notre grande surprise, même si le lieu comportait des tags et un peu de dégradations, il restait encore quelques objets et traces de vie sur place, nous permettant de mieux saisir la fonction du lieu lorsqu’il était en activité. Entrés via l’ancienne chambre froide, nous découvrons l’accueil, la salle de restaurant, la réception… C’est étonnant que tant de choses soient encore là pour un lieu aussi en vue. Le lieu est-il un squat pour les jeunes du coin ? Possible. Ici et là, quelques accessoires filent un coup de nostalgie : tasses soucoupes permettent bien de s’imaginer les clients s’arrêtant ici le temps d’un café, d’un repas ou d’une nuit de repos. Par endroits, quelques indices permettent d’imaginer qu’une réhabilitation fut envisagée (et même tentée) avant de s’arrêter. Dans une pièce, les carreaux colorés me font penser à un tableau de Mondrian, d’où le nom fictif donné à ce lieu.































Après avoir terminé notre visite, nous nous demandons s’il reste d’autres choses à voir, et un petit hangar situé derrière l’auberge nous interpelle. Ne nous attendant pas à trouver mille choses, nous poussons la porte (ouverte) de celui-ci et découvrons de nombreux objets. Pneus, cartons, boites, mobiliers divers... Par terre je tombe sur une pile de cahiers d’école ayant visiblement appartenu au fils de l’aubergiste. Les dates remontent aux années 80 puis à la fin des années 90, et c’est avec une petite émotion que je découvre un cahier de «poési». Devant ce genre de découverte je me demande à chaque fois si je dois retrouver et recontacter les gens à qui ça appartient, car peut-être ils seraient heureux de retomber dessus. Mais savoir qu’un inconnu est tombé sur leur passé les gênerait sûrement, donc je ne saute pas le pas...





Ci-dessous le dessin réalisé pour le livre «Urbex Europe» dans lequel figure ce lieu :

En consultant des vues aériennes on voit que le bâtiment fut construit à la fin des années 60. D’après une petite recherche Google le lieu ferma ses portes en 2009. Les vues Street View, montrent qu’il est toujours en vente à l’heure actuelle (2025), attendant de revivre. Ci-dessous des vues allant de 1969 à 2020.