Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


2017. En regardant la vue satellite, je remarque que le lieu est immense. Ayant appris que certains des bâtiments sont encore actifs, je me dis qu’il nous faudra être très discrets pour explorer les bâtiments abandonnés sans se faire voir par d’éventuels personnes travaillant encore sur place. Une fois sur garés à proximité, tout est en fait plus simple que prévu : bien que nous soyons en automne, la végétation est encore très présente, nous rendant presque invisibles en passant d’un bâtiment à un autre. Le fait que le site soit immense et ouvert aux quatre vents (trous dans le grillage un peu partout) est heureux : en cas de fuite, nous n’aurons pas de souci à trouver un point de fuite.

Nos pas nous mènent de pavillons en pavillons, certains en très mauvais état dû à un manque d’entretien depuis trop longtemps. Toiture endommagée suite aux intempéries, humidité très présente à cause des nombreuses vitres manquantes… Je suis cependant surpris que ce que nous explorions ne soit pas si dégradé que ça compte tenu de la facilité d’accès. Le fait que le site soit un peu reculé doit évidemment beaucoup jouer, mais tout de même, visiter un lieu de ce type et trouver un seul tag dans un bâtiment comportant plus de 30 chambres, c’est très rare. Ces rares tags ici et là nous indiquent que nous ne sommes pas les premiers à venir, mais à part ça, c’est presque comme si personne ne venait sur place, ou alors très rarement.

Autre fait étonnant : les archives. Il y en a encore beaucoup ! Au point que cela prendrait une journée entière pour savoir jusqu’à quand elles remontent. Cartons, dossiers, documents divers : tout est encore là, rassemblé dans des pièces très facilement accessibles. Consulter ces archives et découvrir les barreaux fixés aux barreaux aux balcons du premier étage est une expérience particulière. Je m’imagine les patients internés ici, les barreaux les empêchant de sauter : un peu glaçant.



























Visiter certains autres longs couloirs très sombres est également un peu oppressant. A force de visiter des lieux de ce genre on est presque immunisé contre la peur, mais là, quand même, ça file un peu la frousse. N’entendant plus les voix de mes camarades je me dépêche de les retrouver !

























Nous arrivons au point d’intérêt majeur du site : de l’extérieur, rien n’indique que cet austère bâtiment est en fait un théâtre. Un incendie a pas mal endommagé la salle, mais le lieu a conservé toute sa prestance. Se retrouver seul ou en petit groupe dans un lieu de ce type, même abandonné et dégradé, est une chose unique. On a le sentiment que la salle est à nous, on saisit l’espace sans être cantonné à devoir s’assoir à notre place, on passe entre les sièges, on monte au balcon profiter de la vue, on se promène sur la scène en imaginant être un des acteurs qui jouait ici pour divertir les patients… Une expérience unique qui justifia le déplacement dans ce lieu particulier.











Ci-dessous l’illustration réalisée pour le livre «Urbex Europe» :

Construit au début des années 30, ce lieu fut le théâtre d’un événement particulièrement sanglant qui eut lieu la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Après avoir capturé des miliciens fascistes, des résistants communistes réquisitionnèrent l’hôpital psychiatrique pour les y exécuter, faisant une soixantaine de morts. Une stèle fut érigée sur place en mémoire du massacre de ces prisonniers. L’hôpital continua à fonctionner en totalité jusqu’au début des années 90, période à partir de laquelle de nombreux bâtiments furent abandonnés. Ci-dessous des vues aériennes allant de 2001 à 2023 :