Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


Eté 2017. Sur ma liste des sites à ne pas manquer en Suède, j’avais noté à propos de ce lieu «Piste de saut à ski située entre deux grands endroits. S’arrêter deux minutes histoire de voir la tête que ça a. Pendre des photos si c’est sympa. Continuer vers le prochain lieu.» Quelques phrases en style télégraphique, reflet de mes recherches sur Internet avant mon départ. Rien d’enthousiasmant sur le papier, mais on ne sait jamais, avec de la chance la visite serait intéressante ?

Une fois sur place, je gare la voiture de location à l’orée du bois dans lequel est située la piste puis aperçoit une première construction. Un genre de chalet en bois peint en vert et bordeaux. Les couleurs classiques des maisons en Scandinavie. Un autre bâtiment, plutôt une cabane de jardin, couleur bordeaux, elle aussi, se trouve à quelques mètres. Une pelle à neige est appuyée sur l’une des parois.

Je passe un œil par les fenêtres et ce que je vois est incroyable : le matériel de ski est toujours là ! La porte n’étant pas verrouillée, je m’introduis facilement dans ce qui devaient servir de vestiaires aux skieurs. Des chaussures bleues sont posées sur une table avec un casque de protection, également bleu et jaune. Dans un renfoncement, une dizaine de paires de skis multicolores sont à l’abandon. Et sur le sol, encore une bottine rouge rayée de trois bandes. Vu la simplicité avec laquelle j’accède à tout cela, je me demande pourquoi tout n’est pas vandalisé. Le fait que la piste soit situé en bordure d’une petite ville Suédoise de 10.000 habitants doit jouer.











A l’angle du terrain surgit presque par enchantement l’immense piste de saut à ski. Oui, immense. Le lieu que je pensais petit et où je comptais juste faire trois ou quatre photos est en fait spectaculaire. Je sens que la visite risque de durer plus de deux minutes…

Ci-dessous des photos d’une petite structure en bois, dont l’utilité m’échappe :



Moi qui pensait que grimper jusqu’en haut de la piste serait un jeu d’enfant, quelle erreur ! Je mets une bonne vingtaine de minutes à gravir la côte menant au sommet. L’ascension est fatigante au point que je fais quelques pauses le temps de prendre des photos de la végétation environnante, et surtout des myrtilles, succulentes.















Me voilà enfin arrivé à l'escalier me permettant de monter au sommet de la structure d’où s’élançaient les sportifs. Lentement, je grimpe une à une les marches qu’on dû emprunter des tas de skieurs préparant les compétitions nationales et peut-être même les jeux olympiques. Plus je m’élève et plus je sens le trac m’envahir. Un trac renforcé par le fait que la structure bouge ! J’ai vu ces sauteurs extrêmes à la télévision et je sais qu’il faut une sacrée dose de courage pour se jeter dans le vide. Une fois en haut, quel paysage ! Le paysage est bouleversant de beauté avec ses arbres à perte de vue et ses collines ondulant à l’horizon. De là-haut les baraques aperçues à mon arrivée semblent minuscules, dire que j’étais là quelques instants auparavant ! Même après avoir terminé de prendre mes photos je reste là, à profiter du paysage, de cette beauté naturelle…

















Il est temps de redescendre. Si l’ascension de cette structure tremblant sous mes pas me faisait un peu peur en montant, la descente est plus facile ! Je prends même le temps de prendre en photo le «dessous» de la piste afin de mieux saisir la beauté géométrique des poutres de bois. Profitant d’un petit escalier à un endroit, je peux également me promener sur la fin de la piste et faire une vue intéressante qui complète bien celle faite depuis le sommet. La vue n’est pas mal non plus depuis cet endroit ! Quelques instants plus tard, me voici revenu aux petites maisons explorées en début de visite.









Rangeant mon matériel photographique, je suis vraiment heureux d’avoir fait un arrêt à cette piste de saut à ski abandonnée. Si le lieu n’a pas l’importance historique ou architecturale d’un château ou d’un parc d’attraction, c’était quand même super de contempler le paysage depuis tout là-haut… Un lieu à l’abandon qui m’aura finalement procuré énormément de plaisir. Ci-dessous l’illustration réalisée pour le livre «Urbex Europe» dans lequel figure ce lieu :

Après quelques recherches, j’ai découvert que le Championnat de Saut à Ski suédois eut lieu six fois à cet endroit (dont une en 1953). La première compétition remonte à 1904, mais la piste n’était pas la même. Elle fut modernisée au fil des années jusqu’à 1980, année de construction de la structure présentée sur cette page. La piste servit à de grands évènements sportifs où des athlètes suédois se distinguèrent par des records de distance de saut. A son apogée, la piste pouvait accueillir un peu moins de 18.000 spectateurs. Elle fut abandonnée en 2001. Ci-dessous des vues aériennes datant de 2007, 2010, 2015 et 2025.