Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


Voici un ancien hôpital abandonné visité lors d’un road trip avec Aude et Guillaume. Le site étant immense, nous nous demandions si nous arriverions à tout visiter. De mon côté je me disais que si nous arrivions à visiter la chapelle et le bâtiment au sud de celui-ci, ce serait déjà pas mal. Niveau accès, flou total... Mais, surprise, après s’être garé à proximité, il semble que l’entrée principale soit grande ouverte !

Avançant prudemment, pensant qu’il y a des caméras, nous devons nous rendre à l’évidence : rien ne nous empêche d’avancer tout droit et d’entrer dans l’immense site. Ce que nous faisons aussitôt, direction le bâtiment face à nous. Une fois dedans, direction l’étage, pour être moins voyant. Faisant une rapide inspection des lieux, je regarde par une fenêtre donnant sur l’aile ouest de l’hôpital et découvre… une dizaine de voitures de la Protection Civile ! Ce serait donc pour ça que tout est ouvert ? Je préviens aussitôt Aude et Guillaume, et l’exploration de l’hôpital ne prends pas trop la tournure que celle que nous nous étions imaginés : il va falloir être très, très, très discrets. Parce que, la Protection Civile, ce n’est pas la Police, certes, mais qui sait, ils pourraient appeler la Police car nous n’avons rien à faire ici contrairement à eux ? Ci-dessous des photos prises dans le bâtiment administratif par lequel nous sommes entrés : partout, des vitres cassées, des tags, du vandalisme… Visiblement le site est plus que visité, c’est un vrai défilé.













Alors que nous visitons prudemment l’étage du premier bâtiment, notre regard se porte sur le point d’intérêt du site : la sublime, que dis-je, l’incroyable et magnifique chapelle, dont la taille démesurée donne l’impression qu’on l’a transporté sur place depuis le Vatican ! Pourquoi une aussi grande chapelle dans un hôpital de taille moyenne ? Je n’ai pas la réponse, mais une chose est sûre, ça valait le coup de venir ! Impossible à ce moment-là de ne pas rêver aux photos que je ferais avec le drone une fois sorti du site…



Toujours sur le qui-vive à cause des voitures de la Protection Civile garées à l’entrée, nous progressons à pas lents au premier étage vers la chapelle. De là, un passage extérieur permet d’arriver au magnifique bâtiment. Une fois dedans, il suffira alors de descendre (j’imagine) un escalier et nous serons au rez-de-chaussée de la chapelle. Mais ce n’est pas du tout ce qui se passe : au fur et à mesure que nous nous approchons de la chapelle nous entendons des voix, beaucoup de voix, des voix qui résonnent.

Très lentement, quasiment en rampant, nous parvenons à jeter un œil via nos smartphones à ce qui se passe dans la chapelle : la Protection Civile est là ! Une trentaine de personnes discutent fort, très fort même (nous sommes en Italie), des tables sont installées, et de toute évidence nous arrivons en pleine répétition d’un exercice de sauvetage. Le constat est clair : ce n’est pas tout de suite que nous pourrons documenter la chapelle. Je profite de cette occasion pour aller explorer le sous-sol de l’hôpital, d’où l’on peut accéder à tous les bâtiments. Quel bonheur cette fraîcheur !







Quelques instants plus tard, revenant vers Aude et Guillaume, nous voyons arriver un couple d’ados, venus eux aussi visiter l’hôpital abandonné. L’occasion de discuter une petite minute, et surtout d’entendre d’autres voix : la Protection Civile est également présente dans le bâtiment situé au nord. Chose étrange, deux d’entre eux nous voient clairement, à quelques mètres, mais continuent de discuter sans se soucier de nous. C’est comme si nous étions invisibles à leurs yeux. Il faut croire qu’ils ont l’habitude de voir des gens ici ? La petite tension ressentie au début de l’exploration retombe, mais nous réalisons aussi qu’il faudra attendre un peu si nous voulons prendre en photo l’intérieur de la chapelle... Attendre une pause déjeuner, par exemple. Mais combien de temps durera-t-elle ?







Ci-dessous des photos prises dans le bâtiment situé au nord de la chapelle. La météo étant parfaite ce matin-là, quelle joie d’évoluer ici en sachant que la Protection Civile en a rien faire de nous… Je remarque à plusieurs endroits que des figuiers poussent sur le sol et ne résiste pas à frotter mes doigts à leur feuille. Quel parfum !







Ne sachant pas trop à quelle heure notre exploration prendra fin (ni si l’on ne nous demandera pas de partir) je grimpe au sommet du bâtiment et sors mon drone afin de capter la beauté de ce site, et surtout de la chapelle.



















Ci-dessous, des photos prises dans le bâtiment d’où j’ai fait décoller le drone. Visiblement, celui-ci fut construit au même moment que celui visité au début (ainsi que la chapelle) mais l’ambiance architecturale est très différente. Il y a un côté sanatorium des années trente qui ne colle pas avec ce que nous avons vu plus tôt. Plus loin, après avoir descendu les escaliers et parcouru le sous-sol, nous découvrons un autre bâtiment, plus petit, mais sans grand intérêt. Durant ce moment je me demande si la chapelle sera accessible lorsque nous reviendrons sur nos pas…













Profitant d’un moment de repos à l’ombre pendant qu’Aude fait voler son drone au-dessus du site, nous voyons la Protection Civile sortir de la chapelle ! Alléluia ! Rapidement, nous nous dirigeons vers le fabuleux édifice et pouvons enfin mieux voir l’intérieur du bâtiment, observé en catimini au début de notre visite, de peur de ne pas être repérés.

Une fois dedans, le spectacle est saisissant : bien sûr que la chapelle a été vandalisée, bien sûr quelle est taguée, bien sûr que c’est triste, mais quelle beauté ! Admirez ces volumes et cette fabuleuse voute ! Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de pouvoir déambuler en toute liberté dans un tel lieu. Et c’est avec ces photos que prend fin la visite de cet hôpital à l’abandon.













La construction de cet hôpital se termina en 1923. Elle aurait dû avoir lieu plus tôt mais les travaux furent ralentis à cause de la Première Guerre Mondiale. En 1929 un nouveau pavillon fut édifié pour les femmes, ainsi qu’un autre pavillon l’année suivante, pour les enfants. En 1946, après une vie entière consacrée à guérir les patients de la tuberculose, le fondateur de l’hôpital mourut. Avec l’apparition des antibiotiques le sanatorium devint un hôpital. En 2015 un nouvel hôpital fut inauguré juste à côté de celui présenté ici, et l’hôpital «historique» ferma ses portes. Ci-dessous trois cartes postales anciennes et des photos prises en 1934 :