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Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension. |
2017. Cela fait quelques minutes que je marche sur un chemin forestier au nord d’une bourgade non loin de Glasgow. Le château que je cherche devrait bientôt apparaître. Un château à l’état de ruine depuis qu’un incendie l’a ravagé en 2008. Quelques pas plus loin, une tour crénelée apparait à travers les arbres. Une légère bruine commence à tomber. Espérons que cela ne dure pas car ce ne sera pas idéal pour documenter le site... Plus j’avance, plus la silhouette du bâtiment se dessine entre les feuillages. Les nuages obscurcissent le ciel tandis que mon regard s’éclaire à la vue de ce joyau d’architecture. Arrivé au pied de l’édifice, j’en tombe littéralement sous le charme malgré son triste état. |
Impatient d’explorer la majestueuse ruine, encore faut-il que je trouve un accès, car escalader la barrière n’est pas envisageable : les barreaux sont assez hauts mais surtout ils se terminent par des pointes acérées anti-intrusion beaucoup trop dangereuses. Le moindre faux pas et on s’empale dessus... Même si l’endroit est plus qu’attrayant je ne prendrai pas ce risque. Comme à mon habitude, je fais le tour de la ceinture métallique en espérant trouver un accès. Par chance, je ne tarde pas à remarquer qu’à un endroit les barreaux ont été écartés pour permettre le passage, et c’est finalement avec une grande facilité que j’atterris au pied de l'édifice. Un vrai château écossais offrant une façade en pierres de taille majestueuse malgré son état de ruine. Quelques arbrisseaux ont poussé sur les créneaux et les frontons, une vision poétique dont je ne me lasse jamais. |
Ce sont des cris d’enfants qui me sortent de ma rêverie. Une partie de football se joue sur un terrain situé à cent cinquante mètres de là. Je l’avais remarqué en arrivant mais je ne pensais pas que le bruit puisse porter aussi loin. Franchissant la porte de ce que j’appelle le «grand hall», j’ai l’impression d’être projeté dans un autre monde : du château, il ne reste en tout et pour tout que la façade extérieure. A l’intérieur, il ne subsiste aucun reste, même pas la toiture. Le bâtiment est à ciel ouvert, ce qui ne manque pas de charme, je dois reconnaître, quand on se trouve au pied des hautes tours. C’est la même vision que lorsqu’on regarde un gratte-ciel. Le nez en l’air, j’éprouve ce délicieux vertige en tournant sur moi-même pour élever mon regard et atteindre les nuages. |
M’aventurant un peu plus dans l’édifice, je documente le château en prenant mille précautions tant le lieu est dangereux : si tout est encombré de débris, ceux-ci sont en plus détrempés à la suite de la météo pluvieuse. C’est une exploration tout en lenteur, où l’on prend le temps de regarder où l’on met les pieds… |
J’arrive dans une grande cour. Enfin, non, ce n’est pas une cour. C’était le cœur du château, mais depuis l’incendie, tout est à ciel ouvert, les débris formant une sorte de colline en son centre. Levant le regard, je remarque une passerelle métallique rouillée. Je la suis du regard et je vois une corde fixée à son extrémité au bout de laquelle pend un pneu. Une balançoire ? L’endroit n’est pas vraiment approprié pour improviser un espace de jeu, mais des gens ont quand même pris le temps (et le courage, ou l’inconscience) de monter et fixer une corde ici. Fascinante vision que de tomber sur cette balançoire au milieu de cette ruine ! |
Tournant sur moi-même pour admirer l’endroit dans lequel je me trouve, je ne cesse d’admirer ces superpositions de fenêtres en plein cintre sur trois étages à travers lesquelles on voit le ciel et la nature environnante. Le sol n’est qu’amas de pierres et de débris sur lesquels une végétation luxuriante a repris ses droits. Soudain, comme un miracle, la grisaille s’éloigne, chassée par un soleil doré pénétrant tout l’édifice. Moi qui pensais avoir plus ou moins fini l’exploration du château, et qui m’apprêtait à ranger mon matériel photographique, je refais tout mon parcours en prenant de nouvelles photos tellement la lumière est belle. Ci-dessous, les clichés pris lors de ce beau moment : |
Une fois ressorti du château, la lumière est bien trop magnifique pour ne pas prendre une dernière photo : |

Le château présenté sur cette page fut construit entre 1837 et 1841. En 1927, la ville le racheta (ainsi que le terrain autour) pour y installer au milieu des années 30 une clinique psychiatrique composée du château. Des bâtiments plus modernes furent construits autour de celui-ci. Le personnel et quelques patients vivaient dans le château, dans des conditions de vie et de travail qui allaient progressivement se détériorer à cause d’un trop grand nombre de patients, mais aussi de personnel sous-qualifié et sous-payé. Il n’était pas rare que des patients soient laissés à eux-mêmes dans les grands dortoirs situés autour du château. Dans les années 70, le complexe hospitalier, qui héberge également une maternité, a une capacité d’accueil de 1200 patients. Un rapport de 1989 alerte les autorités sur le fait qu’un quart des patients sont en état de malnutrition. Certains témoignages disent que ce n’était pas le seul problème : mauvais traitements, cruauté, punitions… D’autres rapports indiquent même que certains patients sont morts sur place à la suite de ces mauvais traitements. De sinistre réputation (encore aujourd’hui) le site fermera en 2002, et tous les bâtiments construits autour du château seront démolis. Les patients restants seront transférés dans d’autres unités psychiatriques. Au fil des années, le bâtiment sera la proie du vandalisme, pour finir par être entièrement par un incendie en 2008. A ce jour (2025) aucun projet de réhabilitation du site n’est prévu. L’image ci-dessous provient d’une carte des années 50. J’ai colorié le château en rouge. A côté on voit de nombreux bâtiments : ce sont ceux-là qui ont été démolis quand le site a fermé. |

Ci-dessous des photos anciennes, non datées : |






Ci-dessous une vue aérienne de 2005 : |

Ci-dessous une photo de l’incendie de 2008 : |
Ci-dessous des vues aériennes de 2009 et 2017 : |