Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.


Voici un ancien site industriel à l’abandon visité lors d’un road trip avec Aude et Guillaume. C’est par des amis explorateurs urbains que nous en avions entendu parler, et, outre la taille (immense) du site, qui à elle seule valait le déplacement, il y avait également quelque chose d’intéressant à voir : un standard téléphonique dont certains équipements avaient fondu.

Après nous être garé devant le portail (pas très discret mais le site ne semblait pas surveillé et nous n’avions pas envie de marcher 500 mètres sous le cagnard) nous trouvons très facilement un point d’entrée : le grillage étant renversé, il n’y a qu’à passer… Où est le fameux standard téléphonique ? Ça nous ne le savons pas, je n’ai pas pensé à mes amis de me l’indiquer sur ma carte, et quelque part tant mieux car cela veut dire qu’il faudra fouiner ! Bon, vu la taille du site, ça file un peu le vertige, mais en route… Et cela commence par la découverte de vastes halls, vides, où nos voix résonnent. Avant la fermeture on devait surtout entendre les chariots élévateurs à cet endroit, du moins j’imagine.








Quelques pas plus loin, nous découvrons un autre hall, dans lequel a eu lieu le fameux incendie qui a condamné le site (nous le verrons de haut avec le drone plus bas sur cette page). Un hall tellement en vrac que les poutres en béton se sont effondrées, impossible de passer. Rebroussant chemin nous nous dirigeons vers… un autre hall vide. Une curieuse impression m’envahit : en dehors du fameux standard téléphonique, ce site ne serait-il pas si intéressant que ça finalement ? Et puis, au détour d’une porte, surprise, nous tombons sur une ancienne salle de repos, et un spectacle insolite : un arbuste est en train de pousser sur le sol, littéralement ! Ce vert qui contraste à mort avec cet environnement grisâtre, quelle beauté…





















La visite continue en traversant des bureaux vides pas particulièrement intéressants, jusqu’à une ancienne infirmerie. Vu l’immensité du site je doute que ce soit la seule. Et, surprise, moi qui m’attendais à tomber sur des locaux vides, beaucoup de choses sont encore là, comme des lits, des meubles etc. Une des pièces semble d’ailleurs avoir été le lieu de vie d’un sans domicile fixe.

















Toujours à la recherche du standard téléphonique, je tombe sur Guillaume qui, parti explorer de son côté, m’informe que la grande pièce qu’il vient d’explorer (et que je ne connais pas) devrait me plaire. C’est sans hésiter que je m’y rends, et effectivement le spectacle vaut le coup : qui aurait cru qu’après avoir exploré cinq ou six immenses halls vides nous en trouvions un rempli d’anciens moniteurs, d’écrans de télévisions, speakers et de câbles ? Typiquement le genre de scène où je me dis que ça va prendre un bout de temps de documenter tout ça, mais en même temps je ne suis jamais tombé sur pareille scène, quel bazar ! Un bazar qui ferait la joie de pas mal de bricoleurs… Qui sait, tout marche encore peut-être ?























La visite de tous ces halls vides nous ayant épuisés (la chaleur est assez forte ce jour-là) nous décidons de partir sans avoir trouvé le standard téléphonique. Et je profite que nous sommes encore dans le site pour sortir le drone et faire quelques clichés. Ce sera bien plus simple que de sortir du lieu et user la batterie du drone pour lui faire parcourir les quelques 500 mètres entre le portail et l’usine.

Survolant le site je constate vraiment mieux la puissance de l’incendie qui a ravagé un des halls et conduit le site à sa fermeture. Une fois revenu au sol, je range le drone et nous nous mettons en route vers la sortie, mais, par acquis de conscience nous décidons de visiter le premier étage d’un dernier bâtiment, accessible via un escalier extérieur. Surprise, nous venons de trouver le standard téléphonique !

Quel spectacle étrange. Déjà, tout est encore là : mobilier, fauteuils, (quelques) écrans. Ensuite, regardant par-dessus une cloison, je remarque que l’incendie qui a conduit à la fin de l’usine s’est déroulé vraiment à quelques mètres du standard, dans le même bâtiment. Nul doute que la chaleur a dû être élevée à cet endroit. D’ailleurs, de nombreuses preuves en attestent, comme ces imprimantes ramollies ou cet écran qui a fondu comme une glace au soleil ! J’ai souvent visité des lieux abandonnés qui avaient brûlé, mais là c’est la première fois que je vois ça. C’est sur cette étrange vision que se termine notre visite de l’ancien site industriel.



















Ci-dessous, les photos prises au drone quelques instants avant de visiter l’ancien standard téléphonique :









La construction du site industriel présenté sur cette page remonte au début des années 1960. L’implantation de l’usine, célèbre pour ses ordinateurs, aurait créé au moins dix mille emplois, et donné un élan considérable au développement de la région. Au fil des années, différents bâtiments furent ajoutés à ceux existants, créant l’immense site que l’on voit sur les photos prises au drone ci-dessus.

Au début des années 2000 la production subit un déclin progressif, et malgré les différentes études de redressement et de réaménagement le site est racheté par divers fonds immobiliers spécialisés. L’activité diminuant fortement, les halls et bâtiments sont alors occupés par des PME exerçant plusieurs activités : archivage de documents, réparation de matériel téléphonique, centre d’appel, entrepôt de produits chimiques et laboratoires d’analyse.

En 2013 le bâtiment C est gravement endommagé par un incendie, le rendant inutilisable. L’intervention mobilise de nombreux pompiers venus des villes avoisinantes. Les responsabilités restent à déterminer, mais on parle de travaux d’entretien à chaud sur le puits de lumière de la toiture. Ci-dessous deux captures extraites d’une vidéo montrant l’incendie.



Par la suite, les PME quittent le site et un projet de reconversion en terres agricoles est proposé, mais pour cela il faut entreprendre de nombreux travaux de dépollution pour rendre le terrain cultivable… En 2021, un projet semble se concrétiser : transformer le site en usine de production de batteries pour véhicules électriques. En 2023, après de longues discussions techniques et des débats politiques, le projet échoue. Lors de notre visite en 2026, rien n’indiquait que quelque chose soit en projet sur place.