La Filatura Felce

La Filatura Felce

Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerai pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension.

Voici un ancien site industriel à l’abandon visité lors d’un road trip avec Aude et Guillaume. C’est grâce à des amis explorateurs urbains que nous en avions eu la localisation de l’ancienne filature, et la visite s’avérait bien belle d’un point de vue colorimétrie. En effet, les photos que nous avions vu sur Internet montraient une partie de la filature envahie de fougères.

Allions-nous réussir à y entrer ? Inspectant les lieux, je propose de nous engouffrer dans la végétation qui entoure la filature : il y aura bien une porte ou une fenêtre ouverte… Et c’est le cas ! A peine une minute plus tard, nous nous retrouvons devant ce que nous avons vus sur Internet. J’ai souvent vu des plantes pousser dans les lieux abandonnés (c’est même une des constantes de cette pratique pour peu que l’on visite des lieux où la toiture est trouée ou carrément effondrée) mais là, je n’avais jamais vu un tel spectacle. On dirait presque que quelqu’un a planté ici toutes ces fougères ! Admirez-donc, ci-dessous :

Quelques pas plus loin, nous découvrons ce qui me semble être la chaufferie. Et une chose m’étonne : pas mal de tuyaux sont assez propres alors que d’autres sont franchement rouillés. Pourquoi des tuyaux en acier inoxydables sont-ils aussi proches de tuyaux rouillés ? D’habitude, soit tout est plutôt propre (lieu bien isolé) soit tout est rouillé (toiture effondrée ou criblée de trous). Ici, cette dichotomie m’étonne. Après être revenu au paradis des fougères, nous découvrons un bel escalier qui nous mène au niveau supérieur…

C’est là que la «vraie» visite de la filature commence. Et comparé à d’autres visitées lors de ce road trip Italie, les volumes sont ici plus petits, et assez banals aussi. Peu de points de vue intéressants, mais heureusement il reste encore pas mal de matériel qui permet de se faire une idée de ce qui se passait ici. En fait, j’ai l’impression que pas mal de choses ont été débarrassées et qu’un ménage a été effectué. Un des indices est la toiture qui semble avoir été refaite il n’y a pas longtemps. Un début de rénovation aurait-il eu lieu ? Est-ce toujours en cours ? Est-ce qu’on a tenu à «au moins» préserver le lieu de la pluie ? Est-ce qu’il y avait un projet global et que l’argent est venu à manquer ? Voilà les questions que je pose alors que je déambule parmi les différentes pièces de la filature. Au gré de mes pas, je tombe sur divers artefacts, jolis témoignages de son ancienne vie…

Quelques minutes plus tard j’arrive dans les bureaux de la filature. Et si ce que j’avais visité jusqu’ici ne m’avait pas emballé (à part la partie avec les fougères) là c’est une tout autre ambiance qui prédomine. Autant la partie «filature» semblait avoir été rangée ou vidée, autant ici tout est un peu plus en vrac, dans son jus, et les choses qui restent sont magnifiques ! A commencer par cet ancien coffre-fort (de la marque «Becher & Hildesheim») toujours présent et qui en impose vraiment avec cet aigle à deux têtes. Dans une autre pièce, entre deux archives et divers magazines pornographiques des années 70 à moitié grignotés par des rongeurs, je tombe sur une magnifique illustration de la filature quand elle était en activité. Malheureusement je ne peux pas la montrer ici sinon cela compromettrait la localisation du lieu.

Enfin, alors que je pensais que notre visite de la filature touchait à sa fin, quelle surprise de découvrir une partie «habitation», avec ses chambres, sa cuisine et un bel escalier ! Une partie de la filature dans laquelle habitait peut-être le patron ? Ou le gardien et sa famille ? Je n’en suis pas bien sûr, mais ce que je vois ici est joli, et même touchant avec cette ancienne chambre d’enfant - si j’en crois les choses que j’y trouve - qui a (probablement) du appartenir au fils du patron. Une bien belle découverte qui clôt en beauté l’exploration de cette petite mais diablement charmante filature.