2017. En découvrant ce lieu via une recherche sur Internet, je me demandais s’il serait accessible. Si c’était le cas, la visite promettait d’être passionnante. S’il était fermé, l’extérieur serait tout de même intéressant. Une fois sur place, nous marchons à travers un petit bois plutôt que d’emprunter le chemin principal, ouvert et sans aucun portail. Une fois à une dizaine de mètres du bâtiment, petit coup de panique : une voiture est entrée sur la propriété et s’est arrêtée juste devant le château ! Nous nous cachons aussitôt dans les fourrés et réalisons que c’est juste une voiture venue observer l’étonnante bâtisse, celle-ci étant bien visible depuis la route. Après quelques instants le véhicule redémarre. Une fois loin, nous entrons rapidement par la cave.

La visite commence alors et nous découvrons un intérieur encore plutôt bien conservé vu la visibilité qu’il a depuis la route. Je m’attendais à découvrir des dégradations, des tags ou autre chose : rien de tout cela ! Tout juste un tag dans une cheminée. Le reste semble ne pas avoir bougé depuis des années, et c’est réellement étonnant à contempler quand on a l’habitude de visiter des lieux autrement plus ravagés. Bien sûr, le site est très dangereux : murs qui s’effritent, plancher incertains par endroits, risques de chutes ici et là, mais globalement ça se vite de manière plutôt sereine. Ci-dessous des photos prises au rez-de-chaussée :











Ci-dessous des photos prises au premier étage. Fresques, décorations, voûtes, tours… Nous sommes bel et bien dans un vrai château ! Un château qui semble ancien mais qui en fait ne l’est pas, comme je le remarque en découvrant que les chapiteaux des colonnes ne sont pas en pierre mais en béton. Un collègue explorateur pense que le lieu a dû être construit à la fin du XIXème siècle. Une recherche historique nous apprendra qu’il était tombé juste.



Ci-dessous des photos prises au deuxième étage puis de manière générale dans les niveaux supérieurs du château. Le sublime motif que l’on voit est peint au sommet d’un escalier en colimaçon.



















Ci-dessous, une photo de groupe prise en fin de visite :



La visite étant terminée, nous faisons une petite pause dans la cour du château et découvrons un reste de feu, probablement fait par les jeunes du coin qui viennent ici passer leurs soirées. Quelque chose m’étonne cependant : si autant de monde vient visiter ce lieu, pourquoi n’est-il pas plus dégradé que ça ? Les gens ont ici sûrement un peu plus de respect qu’ailleurs ? Aucune idée, mais c’est réellement un bonheur que de visiter ce château et voyager un peu dans le passé sans être rappelé au présent via des inscriptions contemporaines.







Ci-dessous le dessin réalisé pour le livre «Urbex Europe» :

Niveau histoire, tout commence au moyen-âge avec l’édification d’un château (situé non loin de celui présenté sur cette page). A la fin du XIXème siècle, un comte pensant hériter du château découvre qu’il n’est pas un descendant direct, ce qui provoque sa colère ainsi que des années de démarches administratives pour récupérer l’édifice. Voyant qu’il ne pourra jamais posséder le château, le comte décide alors d’en faire construire une réplique, plus petite mais bien plus belle, juste à côté. La construction débute au début du XXème siècle, et en trois ans sort de sol l’étonnant château que vous avez sous les yeux.

Le comte meurt au début des années 40, après. L’unique hériter du compte se désintéresse alors du lieu, qui est fermé dès le début des années 50. C’est le début d’un long abandon qui prendra fin en 2020 (trois années après ma visite) lorsque le château sera racheté et rénové ! Oui, ce lieu est désormais rénové, et c’est un plaisir que de pouvoir montrer les vues aériennes ci-dessous (qui vont de 2014 à 2024) qui témoignent de sa renaissance.













Pour une histoire complète de ce lieu, rendez-vous ICI ou ICI.
Ci-dessous, une jolie vidéo au drone montrant le château rénové :