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Important : Pour des raisons de confidentialité, de conservation, de sécurité (etc) je ne donnerais pas la localisation de cet endroit. Merci de votre compréhension. |
Voici une ancienne filature visitée en Mai 2026 en compagne d’Aude
et Guillaume
lors d’un road trip en Italie. Fondée au début du XXème siècle, cette
filature de coton employa de nombreux habitats de la région durant
des décennies. Tout était fait sur place : filage, tissage, expéditions...
Une véritable cité ouvrière qui ferma ses portes à la fin des années
90. |
La chaleur accablante de cette après-midi d’été nous oblige à nous abriter dans un hangar à l’abandon le temps de boire un peu. A l’intérieur du hangar, qui est en fait un garage, nous découvrons deux camions et… une barque ! Que fait donc une barque dans le garage d’une filature ? Aucune idée. Quelques minutes plus tard, nous nous dirigeons vers ce que nous sommes venus voir : les bâtiments industriels abritant les machines. En chemin, au loin, nous apercevons une maison. Probablement celle du directeur. Nous la visiterons plus tard. |
Entrant dans les bâtiments industriels, nous découvrons un spectacle fascinant dont nous avions vu quelques photos sur Internet lors de la planification du road trip : une quantité impressionnante de machines sont encore là, endormies, prenant la rouille en silence. Massives, des fougères poussent sur certaines, créant une ambiance colorée dont je ne me lasse décidément pas : le brun de la rouille et le vert de la végétation... Quelle beauté ! Cerise sur le gâteau, quelques étoffes de tissues sont toujours là, moisies, ou déchirées, comme les voiles décomposées de l’épave d’un bateau qui se serait échoué ici il y a bien des années. |
Admirant les anciennes machines, je repense à tous ces sites industriels vides que j’ai visité au fil de mes explorations, et je me mets à imaginer comment ceux-ci étaient lorsqu’ils étaient «remplis», lorsque mon regard est attiré par une pièce à part. Une petite pièce à la teinte verdâtre qui de loin ne paye pas de mine et que l’on pourrait facilement négliger en explorant la filature un peu trop rapidement. Jetant un œil à l’intérieur, je me rends compte que c’est un ancien laboratoire, et que celui-ci contient toujours de nombreux objets et archives ! Pénétrant à l’intérieur, je reste interloqué par le fait qu’il reste encore tant d’artefacts sur les étagères, sur la paillasse etc. Moi qui aie l’habitude de voir ce genre de choses éparpillées par terre, quel plaisir de les prendre en photo «dans leur élément», tels qu’ils étaient lors de la fermeture de la filature. |
La visite continue avec l’exploration d’autres grands halls, vides de machines, mais contenant tout de même de nombreux objets, au point qu’à ce stade de la visite je suis déjà ravi d’être ici avec Aude et Guillaume. Bobines, quenouilles, matériel rouillé, figuiers qui poussent un peu partout, quelques tags… Et, au beau milieu, un monticule de boites vides qui à priori devaient (par la suite) être remplies d’écheveaux, puis expédiées. Les images imprimées sur les boites représentent divers points de vue Italiens : Venise, Turin, Milan… Plus loin, une petite porte me permet d’accéder à une salle contenant d’innombrables machines, plus petites que celles vues au début mais toutes plus photogéniques les unes que les autres. |
Comme si ça ne suffisait pas, l’exploration de la filature devient encore plus intéressante dans la pièce qui suit ! D’autres machines sont là, et une mise en scène (très probablement le fait de précédents visiteurs) crée un paysage fascinant : sur une des machines, d’innombrables serviettes ont été disposées un peu partout, créant un paysage multicolore qui détonne dans cet environnement industriel. Sortant mon petit objectif, je me mets à documenter cette curieuse installation ainsi que les serviettes disposées sur une grande bobineuse juste à côté. |
Mais cette grande salle comporte également d’autres trésors : étalé un peu partout, le passé de la filature est là : bobines, cartons, documents… Il y a tellement de choses qu’un léger tournis m’envahit : où que mon regard se pose, mon cerveau me dit «C’est beau, c’est intéressant : documente ça !» Coup de cœur pour les bobines accrochées à un mur, avec derrière un superbe écriteau : «Filetto colorato» (fils colorés). Quelle beauté, toutes ces couleurs ! |
Cela fait un petit moment que nous sommes dans la filature et nous avons déjà vu tellement de belles machines, objets et archives que je pose mon sac au dos sur une table et décide de me reposer un peu. L’occasion de changer la batterie de mon appareil photo et de boire un peu, la chaleur étant élevée, même dans la filature. Me promenant un peu au hasard, je passe une porte et découvre une immense salle, quasiment vide, aux volumes impressionnants, et couverte de magnifiques peintures. Tout en buvant l’eau de ma gourde je réfléchis à la meilleure façon de documenter cette nouvelle pièce. Je me dis aussi que c’était une sacrée belle idée de placer ce lieu sur notre carte pour ce road trip Italien, car cette filature réserve décidemment tant de surprises ! Un paradis si l’on aime les lieux industriels à l’abandon. Revenant prendre mes affaires, je croise alors Guillaume, qui s’exclame après avoir vu cette grande salle «C’est une véritable exposition !» |
La filature a pris beaucoup de temps à explorer mais il nous reste tout de même une bonne heure pour visiter la maison du directeur. Là encore, énorme surprise : bien sûr il y a eu du vandalisme, comme dans quasiment tous les lieux à l’abandon, mais le bâtiment est encore intéressant et beau, avec de chouettes points de vue comme cette petite pièce aux carreaux colorés ou encore ces chambres, ce balcon donnant sur la filature... Un peu partout du mobilier est toujours là, mais aussi de vieux journaux, des livres, le tout sublimé par cette belle lumière de fin d’après-midi. |
Le temps nous manquant, nous passons en coup de vent dans le dernier bâtiment, réservé à l’administration. Ici encore, beaucoup de mobilier, des documents et des archives à ne plus savoir quoi prendre en photo. Devant tant de matière je me sens un peu dépassé et ne réalise que trois clichés, rapidement, au smartphone. Ainsi se termine la visite de l’ancienne filature. Un lieu que je pensais être sympathique (sans plus) mais qui s’est finalement avéré être passionnant, et probablement un des plus beaux et intéressants sites industriels que j’ai pu visiter. |